Le gouvernement burkinabè a franchi une nouvelle étape dans la restructuration de l’espace civique en annonçant, mercredi 15 avril 2026, la dissolution immédiate de 118 associations à travers le pays. La décision, rendue publique par le ministre de l’Administration territoriale, Emile Zerbo, s’appuie sur la loi adoptée en juillet 2025 encadrant la liberté d’association, dont les organisations concernées ne respecteraient pas les dispositions.
Selon les autorités, ces structures, actives dans des domaines aussi variés que la défense des droits humains, la protection de l’enfance, la lutte contre le VIH/Sida ou encore les questions environnementales, sont désormais interdites d’activité sur l’ensemble du territoire national. Le gouvernement insiste sur la nécessité d’un strict respect du cadre légal, avertissant que toute tentative de poursuite d’activités exposera les responsables à des sanctions pénales.
Cette vague de dissolutions s’inscrit dans une dynamique politique plus large impulsée par le chef de la transition, le capitaine Ibrahim Traoré. Sous le prisme de la « Révolution progressiste populaire », les autorités entendent « assainir » et redéfinir les contours de la vie associative et institutionnelle au Burkina Faso.
Le contexte est marqué par une série de mesures fortes prises ces derniers mois, dont la dissolution totale des partis politiques en janvier 2026. Cette succession de décisions traduit la volonté affichée du pouvoir de transition de refonder en profondeur les bases de la gouvernance nationale, en imposant de nouvelles règles aux acteurs politiques et de la société civile.
Pour l’exécutif, cette réforme répond à un impératif de « nécessité nationale ». Les autorités appellent les organisations encore en activité à se conformer rapidement aux nouvelles exigences réglementaires, sous peine de subir des mesures similaires.
Si le gouvernement met en avant un objectif de rationalisation et de conformité, cette décision suscite déjà des interrogations quant à l’avenir de l’espace civique et à la capacité des organisations de la société civile à poursuivre leurs actions dans un cadre désormais plus restrictif.





