Le président vénézuélien Nicolas Maduro a déclaré que son pays se tenait prêt à négocier un accord avec les États-Unis en matière de lutte contre le trafic de drogue, à condition que Washington manifeste une volonté claire d’engager le dialogue. Une main tendue qui intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires entre Caracas et Washington.
S’exprimant sur les antennes de la télévision d’État, le chef de l’État vénézuélien a donné son feu vert à d’éventuelles discussions bilatérales sur la question du narcotrafic. « Le Venezuela est disposé à négocier si le gouvernement américain souhaite sérieusement parvenir à un accord », a-t-il affirmé, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de stratégie américaine fondée sur « la menace, l’intimidation et l’usage de la force ».
Pour Nicolas Maduro, le moment est venu de rompre avec la confrontation. « Il est temps que les administrations de Washington et de Caracas commencent à discuter sérieusement sur la base des données disponibles », a-t-il insisté, appelant à une coopération fondée sur des faits et non sur des accusations unilatérales.
Au-delà de la question sécuritaire, le président vénézuélien a également abordé le volet économique, affirmant que son pays était prêt à accueillir des investissements pétroliers américains. Ces investissements pourraient, selon lui, se faire « au moment, à l’endroit et de la manière souhaités par les États-Unis », un message qui semble viser un possible dégel des relations économiques entre les deux pays, longtemps marquées par des sanctions et des restrictions.
Cette déclaration intervient alors que des informations font état d’une possible frappe aérienne américaine menée la semaine dernière contre un port situé sur le territoire vénézuélien, accusé d’être utilisé par des cartels de la drogue. Interrogé à ce sujet, Nicolas Maduro s’est montré évasif : « Nous pourrons en parler dans quelques jours », a-t-il répondu, sans confirmer ni démentir l’opération. Certaines sources évoquent une action attribuée à l’Agence centrale de renseignement américaine (CIA), ce que Washington n’a pas officiellement confirmé.
Selon la presse américaine, l’armée des États-Unis aurait mené depuis le début du mois de septembre au moins 26 attaques dans les Caraïbes et le Pacifique oriental contre des embarcations soupçonnées de transporter des stupéfiants. Ces opérations auraient causé la mort d’au moins 104 personnes, un bilan qui alimente de vives controverses.
Les récentes interventions militaires américaines dans la région, et le fait de viser directement les personnes à bord des embarcations, ont suscité des débats au sein de la communauté internationale. Plusieurs observateurs et organisations de défense des droits humains évoquent le risque de « possibles exécutions extrajudiciaires », appelant à davantage de transparence et de respect du droit international.
Dans ce climat tendu, l’appel de Nicolas Maduro au dialogue apparaît comme une tentative de repositionnement diplomatique. Reste à savoir si Washington répondra favorablement à cette ouverture, ou si les relations entre les deux pays continueront d’être dominées par la méfiance et la confrontation.




