La sortie du Parlement européen appelant à la libération de l’ex-président nigérien Mohamed Bazoum suscite une vive réaction au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Dans un communiqué au ton particulièrement critique, l’organisation régionale dénonce une “ingérence grave” dans les affaires internes du Niger.
Selon la Confédération, la résolution adoptée par les eurodéputés est “totalement en déphasage avec les aspirations des peuples du Sahel”. Elle regrette qu’à un tel niveau institutionnel, “un groupuscule d’acteurs connus, animé d’un paternalisme rétrograde, nostalgiques d’un passé colonial révolu et guidés par la préservation d’intérêts économiques et géostratégiques inavoués, aient pu fédérer à leur cause perdue une majorité de députés”.
Cette réaction illustre le fossé croissant entre certaines capitales européennes et les autorités de transition sahéliennes depuis les récents bouleversements politiques dans la région. Pour l’AES, les priorités des populations sahéliennes sont ailleurs. “L’urgence, c’est la crise sécuritaire”, insiste-t-elle, pointant du doigt un sujet qu’elle estime largement ignoré par les parlementaires européens.
Depuis le renversement de Mohamed Bazoum en 2023, la situation politique au Niger reste au cœur des tensions internationales, tandis que les nouvelles autorités, soutenues par leurs alliés régionaux, entendent affirmer leur souveraineté face aux pressions extérieures.




