L’Action pour la Paix et les Droits Humains au Tchad (APDHT) a exprimé, dans un communiqué rendu public ce mardi, sa vive inquiétude face à ce qu’elle qualifie de « situation préoccupante » autour du Général Hissein Maïdé Kebir, visé par une procédure judiciaire en cours et accusé de refuser de se présenter devant la justice tchadienne.
Selon l’organisation, cette affaire fait suite à des faits survenus le 19 octobre 2025 à Sarh. Il s’agirait d’un tentative d’homicide présumée à l’encontre de l’Adjudant-chef Mahamat Moussa, qui aurait été placé sous le commandement direct du général mis en cause. D’après les informations rapportées par l’APDHT, le haut gradé aurait ouvert le feu à balles réelles sur son subordonné, mettant gravement sa vie en danger.
L’association affirme que malgré l’ouverture régulière d’une procédure judiciaire, l’intéressé aurait refusé de répondre aux convocations des autorités judiciaires compétentes, un comportement que l’APDHT considère comme une entrave manifeste au bon fonctionnement de la justice. Pour l’organisation, cette attitude envoie un signal alarmant quant au respect de l’autorité de l’État et au principe fondamental de l’égalité de tous devant la loi.
La situation suscite d’autant plus d’inquiétudes que le Général Kebir aurait, selon le communiqué, bénéficié d’une promotion suivie d’une nouvelle affectation dans la province du Lac, alors même que les faits dénoncés n’auraient pas encore été élucidés par la justice. Une décision qui, selon l’APDHT, alimente un sentiment d’impunité au sein de la population et fragilise la confiance des citoyens envers les institutions chargées de garantir la sécurité publique et le respect des droits humains.
Dans sa déclaration, l’APDHT rappelle avec insistance que la fonction militaire ne saurait constituer une protection contre la responsabilité pénale. Les violations graves des droits humains, y compris les atteintes à l’intégrité physique et les crimes commis contre des subordonnés, relèvent, selon elle, de la compétence exclusive des juridictions nationales.
L’organisation de défense des droits humains appelle ainsi les autorités compétentes et la hiérarchie militaire à prendre toutes les mesures nécessaires afin que le Général Hissein Maïdé Kebir soit effectivement mis à la disposition de la justice et entendu conformément à la procédure en vigueur. Elle exhorte également les institutions concernées à garantir le bon déroulement des investigations, sans pression ni entrave d’ordre institutionnel ou hiérarchique.
L’APDHT estime que l’impunité fragilise l’État de droit, favorise la répétition des abus et menace la cohésion nationale. À l’inverse, souligne-t-elle, la lutte effective contre l’impunité demeure une condition essentielle pour la paix, la justice et la stabilité sociale au Tchad.




