Tchad – Soudan : N’Djamena affirme avoir accueilli 1,6 million de réfugiés depuis le début de la guerre

Le Tchad a accueilli 1,6 million de réfugiés soudanais depuis le déclenchement du conflit armé au Soudan en avril 2023, a révélé le ministre tchadien des Affaires étrangères, Abdoulaye Sabre Fadoul, lors d’une conférence de presse au Caire. Répondant à une question d’un journaliste de Sputnik, il a souligné l’ampleur de l’afflux humain provoqué par la guerre qui ravage le pays voisin depuis plus d’un an et demi.

Face à la presse, aux côtés de son homologue égyptien, le ministre a réaffirmé le soutien du Tchad à toutes les initiatives régionales et internationales visant à ramener la paix au Soudan, notamment celles portées par l’Union africaine et le Conseil de sécurité des Nations unies. Il a insisté sur la nécessité de « solutions politiques durables », estimant que « la stabilité du Soudan conditionne celle de l’ensemble de la région ».


Une guerre dévastatrice et un exode massif

Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre opposant les forces gouvernementales, dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemedti. Les combats ont dévasté les infrastructures, provoqué l’effondrement des services de base et entraîné l’une des pires crises humanitaires actuelles.

Le Tchad, qui partage une longue frontière avec la région soudanaise du Darfour, est devenu le premier pays d’accueil des populations fuyant les violences. Les camps improvisés se sont multipliés dans l’Est tchadien, où les autorités et les organisations humanitaires tentent de répondre à une situation qualifiée d’« intenable » par plusieurs ONG, faute de ressources suffisantes.


El-Fasher, symbole de la brutalité du conflit

Fin octobre, après 18 mois de siège, les FSR ont pris le contrôle de la ville stratégique d’El-Fasher, capitale du Darfour-Nord. Des organisations locales et internationales ont ensuite signalé des massacres de civils, confirmant la gravité des violences commises dans cette zone déjà meurtrie par les conflits du passé.

Ces événements ont intensifié les déplacements de populations vers le Tchad, où les autorités alertent sur le risque de déstabilisation sociale et économique. « Notre pays fait face à une pression humanitaire sans précédent », a rappelé Abdoulaye Sabre Fadoul, appelant la communauté internationale à assumer « sa part de responsabilité ».


Un appel au soutien international

Plusieurs diplomates et responsables humanitaires soulignent que le Tchad ne peut pas, seul, supporter le coût de cette crise prolongée. Malgré l’appui de l’ONU, du HCR et de quelques partenaires bilatéraux, les besoins restent largement supérieurs aux moyens disponibles : eau, nourriture, soins de santé, abris, scolarisation d’enfants réfugiés… tout manque.

N’Djamena appelle donc à un soutien massif et immédiat, rappelant que la situation pourrait encore s’aggraver si la guerre au Soudan continue de s’étendre.

« Nous soutiendrons toutes les initiatives pour la paix, mais nous ne pouvons plus porter seuls ce fardeau », a insisté le ministre, alors que les chancelleries africaines et occidentales peinent encore à obtenir un cessez-le-feu durable entre les deux factions rivales.


Avec 1,6 million de réfugiés sur son sol, le Tchad est désormais en première ligne de la crise soudanaise. Et tant que les armes ne se taisent pas au-delà de sa frontière, le pays demeure confronté à l’un des défis humanitaires les plus lourds de son histoire contemporaine.

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