Dans une récente analyse publiée sur les réseaux sociaux, le journaliste et analyste politique Moussa Pascal Sougui dénonce ce qu’il décrit comme une dérive bureaucratique préoccupante au Tchad : la multiplication des missions à l’étranger au détriment de la gestion quotidienne du pays.
« Au Tchad, on dirait que la vraie activité nationale, ce n’est plus l’agriculture, l’éducation ou l’administration… non, c’est le voyage », écrit-il, avec un ton à la fois critique et ironique. Selon lui, la scène politique et administrative du pays semble aujourd’hui dominée par les déplacements officiels, laissant planer un flou inquiétant sur le fonctionnement effectif des ministères et des institutions.
L’analyste s’interroge : combien de fonctionnaires tchadiens sont actuellement en mission à l’étranger ? Pour Moussa Pascal Sougui, la multiplication de ces voyages officiels crée une illusion d’activité : « À croire que pour prouver qu’on est utile, il suffit d’être vu à l’étranger, de préférence avec un badge autour du cou et un café d’hôtel à la main », souligne-t-il.
Dans son post, il pointe un paradoxe saisissant : tandis que les responsables s’échinent à accumuler les déplacements internationaux, les dossiers importants restent en attente, abandonnés sur les bureaux. Ces affaires, souligne l’analyste, n’ont ni passeport ni per diem et ne peuvent donc pas « voyager » avec leurs responsables, restant ainsi en suspens au cœur de l’administration.
Cette critique soulève une question majeure sur la gouvernance tchadienne : l’efficacité du gouvernement se mesure-t-elle encore à sa capacité à gérer le pays ou à multiplier les missions à l’étranger ? Pour Moussa Pascal Sougui, le Tchad court le risque de laisser ses priorités nationales s’enliser, pendant que les valises officielles, elles, semblent toujours en mouvement.



