Après les célébrations de fin d’année, l’euphorie a rapidement laissé place à la dure réalité économique pour de nombreux ménages tchadiens. À N’Djamena comme dans les provinces, le mois de janvier s’ouvre sous le signe des poches vides, des dettes accumulées et d’une pression financière croissante sur des familles déjà fragilisées par la cherté de la vie.
Durant les fêtes, beaucoup de foyers ont consenti d’importants sacrifices pour « sauver l’honneur » : achats de nourriture en grande quantité, nouvelles tenues, dépenses liées aux cérémonies familiales, sans oublier les obligations sociales. Pour y parvenir, certains ont puisé dans leurs maigres économies, d’autres ont contracté des dettes auprès de proches, de commerçants ou de structures de microfinance.
Aujourd’hui, le réveil est brutal. Les salaires, quand ils existent, sont déjà absorbés par le remboursement des crédits, tandis que les travailleurs du secteur informel peinent à relancer leurs activités. Dans les marchés, les prix restent élevés, notamment pour les produits de première nécessité comme le riz, l’huile, le sucre ou le charbon, rendant le quotidien encore plus difficile.
Dans plusieurs quartiers populaires de la capitale, des chefs de famille confient devoir réduire les repas ou revoir à la baisse les dépenses essentielles, y compris celles liées à la santé et à la scolarité des enfants. La période post-fêtes devient ainsi un moment de grande vulnérabilité, marqué par l’angoisse de « tenir jusqu’à la fin du mois ».
Cette situation met également en lumière la fragilité du pouvoir d’achat des Tchadiens. Malgré les discours officiels sur la relance économique, la majorité de la population continue de vivre au jour le jour, sans véritable marge de manœuvre face aux chocs financiers, même ponctuels comme les fêtes de fin d’année.
Pour de nombreux observateurs, cette galère récurrente appelle des réponses structurelles : maîtrise des prix, soutien au secteur informel, amélioration des revenus et mise en place de mécanismes de protection sociale plus efficaces. En attendant, pour des milliers de ménages tchadiens, le mois de janvier s’annonce long, très long, après des fêtes qui ont laissé un goût amer.




