L’Association des Médias en Ligne du Tchad (AMET) est montée au créneau face à ce qu’elle considère comme une atteinte grave à la liberté de la presse. Dans un communiqué rendu public ce 4 janvier 2026 à N’Djamena, l’organisation dénonce la convocation du directeur de publication du journal en ligne Nouvelles.td, Moussa Guedmbaye, au Commissariat central n°2 de la capitale.
Selon l’AMET, le journaliste a été convoqué par téléphone pour se présenter le lundi 5 janvier 2026, à la suite d’une plainte émanant du Commissariat de Sécurité Publique n°17 (CSP 17). Cette démarche ferait suite à la publication d’un article dénonçant de présumées pratiques d’extorsion de fonds attribuées à un officier de police judiciaire en service audit commissariat.
Pour l’association, cette convocation ne relèverait pas d’une procédure ordinaire, mais s’apparenterait plutôt à une tentative d’intimidation visant à réduire au silence un journaliste exerçant son métier dans l’intérêt du public. L’AMET estime que les faits révélés dans l’article incriminé mettent en lumière des dérives graves portant atteinte aux droits des citoyens et mériteraient, à ce titre, des enquêtes approfondies plutôt qu’une pression sur l’auteur de la publication.
Dans son communiqué, l’organisation rappelle que la liberté de la presse est garantie par la Constitution tchadienne ainsi que par plusieurs instruments juridiques internationaux ratifiés par le Tchad. Elle appelle ainsi les autorités à faire preuve de responsabilité et demande au ministre de la Sécurité publique de rappeler à l’ordre le commissaire du CSP 17, dont les pratiques dénoncées seraient de nature à ternir l’image des forces de sécurité et à éroder la confiance des citoyens.
L’AMET lance également un appel à la mobilisation médiatique. Elle invite les journalistes, les médias, les associations professionnelles, la société civile et les défenseurs des droits humains à exprimer leur solidarité envers Moussa Guedmbaye et à dénoncer publiquement toute forme de pression ou de représailles contre les professionnels de l’information.
En réaffirmant son attachement au droit d’informer sans crainte, l’Association des Médias en Ligne du Tchad insiste sur le caractère inacceptable de toute tentative, directe ou indirecte, visant à museler les journalistes engagés dans le traitement de sujets d’intérêt public. Une position qui relance, une fois de plus, le débat sur l’effectivité de la liberté d’expression et de la protection des journalistes au Tchad.




