La lutte contre la corruption franchit un nouveau cap au Tchad. Ce jeudi, le Directeur général des Investigations et du Contentieux, Ousmane Mamadou Affono, a présenté une communication officielle au nom de l’Agence indépendante de lutte contre la corruption (AILC). À l’issue de plusieurs missions d’audit, de contrôle et de vérification, l’institution a révélé de graves irrégularités dans la gestion des fonds publics, entraînant des mesures correctives et l’ouverture de poursuites judiciaires.
Parmi les cas les plus significatifs, plusieurs trésoriers provinciaux et départementaux ont été mis en cause. À Abéché et Koundjourou, les responsables financiers ont été enjoints de justifier la disparition de plusieurs milliards de francs CFA. Selon l’AILC, les intéressés ont reconnu les faits et procédé à des remboursements partiels des sommes détournées.
À Baga Sola, dans le département de Kaya, un Trésorier départemental est accusé d’avoir effectué des paiements irréguliers d’un montant total de 1,183 milliard de francs CFA, sans pouvoir présenter de pièces justificatives. Sa responsabilité personnelle et pécuniaire a été engagée et le dossier transmis à la justice.
La capitale n’est pas épargnée. À la Mairie de N’Djamena, le receveur municipal et deux chefs de service sont accusés de détournements portant sur plusieurs centaines de millions de francs CFA.Dans le secteur du transport, les audits ont mis en évidence des malversations au Bureau national de fret terrestre (BNFT). Les chefs d’agence de Douala (7,45 milliards FCFA), Ngaoundéré (589 millions FCFA), Faya (129 millions FCFA) et Massakori (644 millions FCFA) auraient encaissé des recettes publiques sans qu’aucun versement dans les caisses officielles ne soit justifié. Des poursuites sont engagées et les autorités promettent le recouvrement intégral des fonds.
L’AILC, par la voix de son directeur, a réaffirmé sa détermination à « défendre les intérêts de l’État et lutter sans relâche contre la corruption ». Elle appelle également la population à dénoncer tout acte suspect et à consulter son site officiel pour des informations vérifiées.
Ces révélations marquent un nouveau signal fort envoyé par l’AILC dans un contexte où la transparence et la bonne gouvernance sont devenues des priorités nationales.