La ville de Pala, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Ouest, traverse depuis plusieurs semaines une grave pénurie d’eau potable, plongeant des milliers de ménages dans une situation de détresse quotidienne. Dans plusieurs quartiers, l’eau ne coule plus des robinets, obligeant les populations à multiplier les stratégies de survie pour s’approvisionner en ce produit vital.
Selon des constats faits sur le terrain, le seul château d’eau qui approvisionne la ville est devenu un véritable point de spéculation. Des vendeurs ambulants y achètent de l’eau auprès de certains employés de la Société Tchadienne des Eaux (STE), avant de la revendre à prix élevé dans les quartiers privés d’eau. Une pratique jugée injuste et révoltante par de nombreux habitants, d’autant plus que « des familles entières n’arrivent même pas à trouver de l’eau pour boire ou pour leurs besoins élémentaires ».
Face à cette situation devenue alarmante, le Délégué général du gouvernement auprès de la province du Mayo-Kebbi Ouest, le général Abdelmanane Khatab, a effectué une descente inopinée ce mercredi 28 janvier 2026 sur les points de vente d’eau potable de la ville. Cette visite surprise visait à s’enquérir de la réalité de ce phénomène et à identifier les responsabilités.
Sur place, le général Abdelmanane Khatab s’est dit profondément choqué par ce qu’il a constaté. Il a jugé « inadmissible que des employés de la STE puissent vendre de l’eau à des vendeurs ambulants qui, à leur tour, la revendent à des prix exorbitants, pendant que la population peine à avoir de l’eau pour sa famille ». Une situation d’autant plus grave que, selon les habitants, les bidons de 20 litres sont vendus à un prix comparable à celui du carburant, rendant l’accès à l’eau presque impossible pour les ménages les plus modestes.
Le délégué général a fermement averti que des mesures sévères seront prises dans les jours à venir pour mettre un terme à ces pratiques et améliorer l’accès à l’eau potable dans la ville de Pala. Il a insisté sur la nécessité de restaurer l’équité et la justice dans la distribution de cette ressource essentielle, rappelant que l’eau est un droit fondamental et non un produit de luxe.
Cette crise de l’eau survient malgré les multiples descentes du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Kanabé Passalet Marcelin, dans la zone. En dépit de ces interventions, la situation demeure inchangée, et la population continue de souffrir. Pour de nombreux habitants, il est incompréhensible qu’au XXIᵉ siècle, une ville comme Pala peine encore à garantir l’accès à l’eau potable à ses citoyens.
Dans l’attente des mesures annoncées par les autorités administratives, la population du Mayo-Kebbi Ouest garde l’espoir que cette nouvelle dynamique amorcée par le délégué général permettra enfin d’apporter un soulagement durable. Après de longues années de souffrance, les habitants espèrent voir couler à nouveau l’eau dans leurs quartiers et retrouver le sourire.




