Tchad : la lutte contre la corruption dans l’administration publique, un défi toujours d’actualité

La corruption continue de saper les fondements de l’administration publique tchadienne, malgré les multiples engagements officiels en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance. Les révélations récentes de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) mettent en lumière l’ampleur des irrégularités financières qui gangrènent plusieurs institutions publiques, illustrant ainsi les défis persistants de ce combat

La corruption continue de saper les fondements de l’administration publique tchadienne, malgré les multiples engagements officiels en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance. Les révélations récentes de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) mettent en lumière l’ampleur des irrégularités financières qui gangrènent plusieurs institutions publiques, illustrant ainsi les défis persistants de ce combat.

Lors d’une récente communication, l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption a rapporté qu’à Abéché et à Koundjourou, le Trésorier provincial et départemental ont été sommés de justifier la disparition de plusieurs milliards de francs CFA. Face aux preuves, ils ont reconnu leur implication et se sont engagés à des remboursements, confirmant l’existence d’un système de prédation bien enraciné dans les rouages de l’État.

À Baga Sola, dans le département de Kaya, le Trésorier départemental s’est distingué par des dépenses non justifiées atteignant plus d’1,18 milliard FCFA. Faute de documents probants, il engage sa responsabilité personnelle et pécuniaire, conformément à la loi. L’affaire a été portée devant les juridictions compétentes afin qu’il réponde de ses actes.

La capitale n’est pas épargnée : à la mairie de N’Djamena, le receveur municipal et deux chefs de service sont accusés de détournements portant sur plusieurs centaines de millions de francs CFA, ternissant davantage l’image d’une institution censée être au service des citoyens.

Les malversations s’étendent également au Bureau National de Fret Terrestre (BNFT), dont plusieurs agences sont impliquées dans des opérations frauduleuses. À Douala, plus de 7,45 milliards FCFA encaissés n’ont jamais été reversés dans les caisses de la structure. À Ngaoundéré, 589 millions, à Faya 129 millions et à Massakori près de 645 millions ont suivi le même chemin opaque. Les responsables concernés doivent aujourd’hui répondre de leurs actes, tandis que l’AILC affirme que les ressources dissipées seront recouvrées au bénéfice des ayants droit.

Ces cas emblématiques révèlent l’ampleur d’un fléau qui mine non seulement les finances publiques mais aussi la confiance des citoyens envers les institutions. Si les procédures judiciaires engagées constituent un signal fort, elles ne suffisent pas à éradiquer une corruption systémique nourrie par l’impunité, la faiblesse des mécanismes de contrôle et le manque de sanctions exemplaires.

Pour les observateurs, l’avenir de la gouvernance publique au Tchad dépendra de la capacité des autorités à traduire en actes concrets les promesses de transparence. La mise en place de mécanismes de suivi indépendants, le renforcement de la justice et la protection des lanceurs d’alerte figurent parmi les solutions urgentes pour que la lutte contre la corruption cesse d’être un simple slogan politique et devienne une réalité au service du bien commun.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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