La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a exprimé, ce vendredi, sa « vive préoccupation » face aux initiatives visant à réintroduire la peine capitale dans la législation tchadienne. Dans un communiqué officiel, l’institution rappelle que le droit à la vie est « sacré et inviolable » et estime que la peine de mort ne constitue pas une réponse efficace à l’insécurité croissante dans le pays.
Tout en reconnaissant l’émotion suscitée par les crimes graves et l’indignation de la population, la CNDH souligne que la lutte contre la criminalité doit passer par le renforcement des institutions judiciaires, de la police et par une politique ciblant les causes profondes des violences. « La peine de mort n’est pas plus dissuasive que les peines de prison à perpétuité », rappelle l’institution, qui met en garde contre le risque de dérives liées à des châtiments « cruels et inhumains ».
Fidèle à son mandat de promotion et de protection des droits humains, la CNDH encourage les autorités à maintenir la législation actuelle, qui s’inscrit dans la dynamique universelle d’abolition de la peine capitale. Elle appelle également à un débat national serein sur les solutions durables en faveur d’une justice « efficace, équitable et respectueuse des droits fondamentaux ».
Avec cette prise de position, la CNDH se place une nouvelle fois au cœur des débats sur l’avenir de la justice tchadienne, à un moment où la sécurité et l’État de droit restent des préoccupations majeures pour la population et les décideurs.
