À l’occasion du Lundi de Pâques, le vice-président du parti Les Transformateurs, Dr Ndolembai Sade Njesada, a adressé une lettre ouverte au Chef de l’État tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, dans laquelle il plaide pour un renouveau du dialogue national, fondé sur l’espoir, la vérité et la responsabilité. Dans ce message empreint de solennité et d’émotion, l’auteur évoque la symbolique pascale, marquée par la victoire de la vie sur la souffrance, pour interpeller le Président sur la « fatigue silencieuse » qui gagne une partie de la population tchadienne, confrontée aux défis quotidiens liés à la sécurité, à l’accès aux services de base et aux conditions de vie.
Au-delà des préoccupations matérielles, Dr Ndolembai insiste sur le besoin croissant d’équité, de reconnaissance du mérite et de justice sociale, estimant que l’érosion de la confiance entre les citoyens et les institutions fragilise le lien national. Il appelle ainsi à un sursaut de gouvernance capable de restaurer cette confiance et de redonner espoir aux populations.
La lettre aborde également la situation de Succès Masra, figure majeure de l’opposition, qui a été condamné à 20 ans de prison et présenté comme un symbole des tensions politiques actuelles. Sans entrer dans les détails, l’auteur invite le Chef de l’État à poser « un geste de cœur », susceptible de favoriser l’apaisement, la réconciliation et l’unité nationale. Il insiste sur la portée d’un tel acte, perçu non comme un signe de faiblesse, mais comme une démonstration de grandeur politique.
Dans un ton à la fois respectueux et direct, le vice-président des Transformateurs s’adresse au Président comme à un « père » et un « frère », appelant à dépasser les divisions pour construire un Tchad plus uni, où les citoyens pourraient vivre sans peur et retrouver confiance en leurs dirigeants. Il conclut en soulignant que l’Histoire retient avant tout les dirigeants capables d’écouter, de rassembler et de poser des actes courageux, particulièrement dans les moments décisifs.
Cette prise de parole intervient dans un contexte politique marqué par des attentes fortes en matière de gouvernance et de cohésion sociale, et relance le débat sur la nécessité d’un dialogue inclusif pour consolider la stabilité du pays.
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LUNDI DE PÂQUES : ENTRE ESPOIR, VÉRITÉ ET RESPONSABILITÉ
À Son Excellence le Maréchal du Tchad,Président de la République, Chef de l’État, Mahamat Idriss Deby Itno
En ce jour de Lundi de Pâques, je vous écris avec respect, mais surtout avec le cœur. Non pas seulement comme citoyen, mais comme un fils de cette Nation qui aime profondément son pays et qui refuse de perdre espoir.
Pour beaucoup de nos compatriotes, cette journée symbolise la victoire de la vie sur la mort, de l’espérance sur la souffrance, du pardon sur la rancœur. Et c’est justement parce que ce jour porte un tel message que je me permets de vous parler avec sincérité.
Excellence,
Il est difficile aujourd’hui d’ignorer la fatigue de notre peuple. Une fatigue silencieuse, mais bien réelle. Elle se lit dans les regards, dans les conversations, dans les préoccupations quotidiennes des familles.
Dans nos quartiers, nos villages, nos villes, les attentes sont simples : vivre en sécurité, manger à sa faim, avoir accès à l’eau potable, aux soins, à l’électricité, pouvoir se déplacer sans craindre les routes impraticables ou les inondations à venir. Ce ne sont pas des revendications excessives. Ce sont des besoins humains, fondamentaux.
Monsieur le Président,
Au-delà des difficultés matérielles, il y a aussi un besoin profond de droiture et d’égalité de traitement. Beaucoup de Tchadiens veulent simplement sentir que leurs efforts comptent, que le mérite est reconnu, que les règles sont les mêmes pour tous.
Quand cette confiance disparaît, c’est le lien entre le peuple et ses institutions qui s’affaiblit. Et lorsqu’il s’affaiblit trop, c’est l’espoir lui-même qui vacille.
Excellence,
Permettez-moi de vous parler avec une certaine proximité, presque comme à un frère. Car au-delà des fonctions, il y a des liens humains que nous n’oublions pas.
La situation de Succès MASRA touche profondément une partie du peuple. Pas uniquement pour des raisons politiques, mais parce qu’elle renvoie à quelque chose de plus profond : le besoin de réconciliation, de compréhension et d’unité.
Je me permets de vous le dire avec humilité : un geste de votre part pourrait changer beaucoup de choses. Un geste de coeur, d’ouverture ou de dialogue.
Pas comme un renoncement, mais comme un acte de grandeur. Comme une main tendue qui apaise, qui rassemble, et qui montre que la force d’un dirigeant se mesure aussi à sa capacité à unir.
Monsieur le Président,
Je vous parle aussi comme à un père. Un père ne veut pas voir ses enfants divisés, blessés ou désespérés. Il cherche à réparer, à apaiser, à protéger. Aujourd’hui, beaucoup de Tchadiens attendent ce geste. Pas un geste parfait. Mais un geste humain.
Excellence,
Je rêve d’un Tchad où l’on peut marcher librement sans peur, où les différences ne deviennent pas des divisions, où les blessures du passé laissent place au pardon. Un Tchad où le peuple retrouve confiance en ceux qui le dirigent. Ce rêve n’est pas irréaliste. Il est à portée de décision.
En ce lundi de Pâques, qui rappelle que même dans les moments les plus sombres, la lumière peut renaître, je garde l’espoir sincère que des actes forts viendront redonner souffle et confiance à notre Nation.
Car au final, Excellence, l’Histoire ne retient pas seulement ceux qui dirigent, mais surtout ceux qui ont su écouter, tendre la main et rassembler. Le pouvoir construit l’autorité, mais c’est le cœur du dirigeant qui construit la grandeur. Et dans les moments décisifs, il est bien vrai que les décisions ordinaires ne changent pas une Nation, mais les actes courageux certes réconcilient un peuple avec lui-même.
Je vous adresse ces mots avec respect, avec émotion, et avec la conviction profonde qu’un seul geste de votre part peut changer le cours de notre histoire.
Car parfois, il suffit d’un acte de courage pour transformer le pouvoir en héritage, et un dirigeant en homme d’Histoire. La véritable grandeur d’un dirigeant ne se mesure pas à la force qu’il impose, mais à la paix qu’il sait instaurer. Je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de mon profond respect.
Votre Humble Serviteur,
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