Tchad : Dr Brahim Oguelemi alerte sur l’érosion de la liberté d’expression

Au Tchad, la question de la liberté d’expression refait surface à la faveur d’une réaction du Dr Brahim Oguelemi, qui dresse un constat sévère de l’état de la parole publique dans le pays. Dans une analyse largement relayée, l’universitaire dénonce un climat où le silence tend à s’imposer comme norme, en dépit des garanties constitutionnelles.

Au Tchad, la question de la liberté d’expression refait surface à la faveur d’une réaction du Dr Brahim Oguelemi, qui dresse un constat sévère de l’état de la parole publique dans le pays. Dans une analyse largement relayée, l’universitaire dénonce un climat où le silence tend à s’imposer comme norme, en dépit des garanties constitutionnelles.

« De là d’où je viens, la liberté d’expression est devenue l’exception, et le silence la règle », affirme Dr Brahim Oguelemi, rappelant que la Constitution tchadienne consacre pourtant explicitement ce droit fondamental. Pour lui, le problème ne réside pas dans l’absence de textes, mais dans leur application : « Le texte existe, mais l’esprit est étouffé », souligne-t-il, pointant un décalage persistant entre les principes juridiques et la réalité vécue par les citoyens.

Dans sa réaction, Dr Oguelemi estime que la liberté d’expression est « allègrement bafouée » dans le pays. Il s’étonne notamment du fait que toute prise de parole critique ou sincère soit perçue comme un acte de bravoure. « Il suffit qu’un citoyen s’exprime avec honnêteté sur un sujet donné pour qu’il soit aussitôt qualifié de “courageux” », observe-t-il, jugeant cette situation révélatrice d’un dysfonctionnement profond. Selon lui, dans une démocratie authentique, l’expression libre ne devrait ni exposer ni héroïser, mais aller de soi.

L’analyse du Dr Oguelemi se veut également politique et morale. Il évoque une « profonde contradiction » entre le discours officiel d’un État qui se revendique démocratique et un environnement où la parole publique semble bridée par la peur ou l’autocensure. À ses yeux, il n’existe « pas de zone grise possible » : soit la liberté d’expression est réelle, protégée et exercée sans crainte, soit le pays s’inscrit dans une logique de contrôle et de répression qu’il assimile à « un totalitarisme qui ne dit pas son nom ».

Dr Brahim Oguelemi appelle à un choix clair. « Une démocratie où l’on a peur de parler n’en est plus une », avertit-il, invitant les autorités comme la société dans son ensemble à réconcilier les principes constitutionnels avec la pratique quotidienne. Une interpellation qui relance le débat sur l’état des libertés publiques au Tchad et sur les conditions nécessaires à l’émergence d’un véritable espace démocratique.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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