Tchad : des enseignants du Mayo-Kebbi Ouest dénoncent des coupes salariales et interpellent le gouvernement

La section provinciale du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) du Mayo-Kebbi Ouest tire la sonnette d’alarme face à la crise sociale qui secoue le secteur éducatif. Réunis en session extraordinaire le 31 mars 2026, les responsables syndicaux ont rendu publiques des données provisoires faisant état de 129 enseignants touchés par une amputation de leur salaire du mois de février dans cinq départements de la province.


Dans leur communiqué, les responsables syndicaux expriment leur solidarité envers les enseignants concernés et espèrent une résolution rapide de la situation. Ils dénoncent une mesure jugée injuste et appellent à une mobilisation collective pour faire face à cette crise qui fragilise davantage le système éducatif.


Au-delà du constat, le SET/MKO invite ses instances nationales, notamment le Bureau exécutif national et la CIST, à assumer leurs responsabilités. Le syndicat demande qu’une pression soit exercée sur le gouvernement afin que justice soit rendue à tous les enseignants victimes de ces coupes salariales. Il insiste également sur la nécessité d’un dialogue franc entre les différentes structures syndicales, estimant que les divisions internes ont affaibli leur capacité à défendre efficacement les intérêts des enseignants.


Le communiqué ne manque pas de pointer du doigt les querelles de leadership et les campagnes de dénigrement qui, selon ses auteurs, ont détourné l’attention de l’objectif principal, à savoir l’application des textes en vigueur, notamment le décret 2850. Le syndicat appelle ainsi à un sursaut d’unité, exhortant ses membres à dépasser les rivalités internes pour faire front commun.


S’adressant directement aux autorités, le SET/MKO formule plusieurs revendications. Il demande en priorité la restitution sans délai de la moitié du salaire du mois de février aux enseignants concernés. Le syndicat conteste par ailleurs l’application de la loi 032, estimant qu’elle est utilisée de manière abusive et qu’elle ne vise pas exclusivement les enseignants.


Le gouvernement est également appelé à éviter toute marginalisation du corps enseignant. Le syndicat rappelle qu’un État responsable ne saurait perturber son système éducatif, qualifiant la situation actuelle de « honte pour la République ». Il insiste enfin sur le respect des engagements pris, notamment en ce qui concerne le calendrier de dialogue établi entre les différentes parties.


En conclusion, la section provinciale du SET du Mayo-Kebbi Ouest appelle ses militants à rester soudés, vigilants et mobilisés pour la défense de leurs intérêts. Ce nouvel épisode de tensions sociales dans le secteur éducatif tchadien met en lumière les défis persistants liés à la gouvernance, au dialogue social et à la valorisation du métier d’enseignant.

Ndjabo Thomas Ali
Ndjabo Thomas Ali
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