La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a vivement réagi à un communiqué de la Radio Dja FM qu’elle juge « truffé d’inexactitudes » et portant atteinte à son image. Dans un communiqué de presse rendu public le 29 août, la CNDH a dénoncé ce qu’elle considère comme une tentative de discrédit orchestrée par le média, tout en réaffirmant son attachement à la liberté de la presse.
Selon le texte signé par le Secrétaire général de l’institution, Mahamat Hassan Brème, la controverse est née d’une émission diffusée le 3 août 2025 par Dja FM. La radio y relayait le témoignage de Mahamat Becher Mahamat, chargé de communication de l’association « Action pour la paix et les droits humains au Tchad », qui affirmait avoir été victime de violences commises par des agents de la Garde nationale et nomade devant le portail de la CNDH. La Commission reproche au média de n’avoir retenu que cette version, sans prendre soin de recueillir la sienne, en violation du principe d’équilibre de l’information.
Le Service de communication de la CNDH affirme avoir, dès le 6 août, contacté le coordinateur par intérim de Dja FM, Allamine Bineya Abakar, pour exercer un droit de réponse. Celui-ci aurait promis de soumettre la demande à sa rédaction, mais aucune suite n’aurait été donnée. « C’est étonnant que la radio, tout en invoquant la liberté de la presse, ignore le respect de l’éthique journalistique », a fustigé la CNDH.
L’institution s’étonne également que Dja FM puisse affirmer, « sans preuve », que son secrétaire général se serait déchargé de la responsabilité des agents mis en cause devant la police judiciaire. Pire, poursuit le communiqué, la radio aurait même soutenu que des éléments de la Garde nationale et nomade avaient présenté leurs excuses aux victimes, alors que, selon la CNDH, « ce sont bien les plaignants qui ont reconnu ne pas pouvoir apporter les preuves des sévices qu’ils disaient avoir subis ».
Tout en rejetant ces accusations qu’elle qualifie d’infondées, la CNDH insiste sur son rôle de promotion et de protection des droits humains et rappelle sa collaboration avec la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), l’Union des Journalistes Tchadiens et les organisations professionnelles des médias. Elle appelle enfin les journalistes à placer le respect du code d’éthique et de la déontologie au cœur de leur mission.
Cette passe d’armes entre la Commission et Dja FM met en lumière les tensions récurrentes entre institutions publiques et médias indépendants au Tchad, dans un contexte où la liberté de la presse reste régulièrement mise à l’épreuve.

