Au Soudan, la guerre en cours continue de faire des ravages bien au-delà du champ militaire. Selon l’organisation non gouvernementale Save the Children, plus de 8 millions d’enfants sont aujourd’hui privés d’éducation, conséquence directe d’un conflit qui paralyse le pays depuis plus de mille jours.
L’ONG alerte sur une situation éducative dramatique, soulignant que près de la moitié des 17 millions d’enfants en âge d’être scolarisés n’ont pas mis les pieds dans une salle de classe depuis environ 484 jours. Une interruption prolongée qui compromet durablement l’avenir de toute une génération.
Cette crise est alimentée par plusieurs facteurs étroitement liés au conflit armé. De nombreuses écoles ont été fermées, détruites ou lourdement endommagées par les combats, rendant toute reprise normale des cours impossible dans de vastes zones du pays. À cela s’ajoute un effondrement du fonctionnement du système éducatif : seulement 3 % des plus de 1.100 écoles recensées seraient actuellement ouvertes.
La pénurie d’enseignants aggrave encore la situation. Faute de salaires réguliers et de conditions de travail minimales, de nombreux enseignants ont été contraints de démissionner, laissant des milliers d’élèves sans encadrement pédagogique, même dans les établissements encore debout.
Face à cette accumulation de crises, Save the Children tire la sonnette d’alarme et avertit que le système éducatif soudanais risque un effondrement total si aucune mesure urgente n’est prise. L’organisation insiste sur la nécessité d’un soutien international renforcé afin de permettre la réouverture des écoles, le paiement des enseignants et la sécurisation des infrastructures éducatives.
Les Nations unies partagent cette inquiétude. L’ONU redoute l’émergence d’une « génération perdue », composée d’enfants privés durablement d’éducation, exposés au travail forcé, au recrutement armé ou à l’exclusion sociale. Sans accès à l’école, c’est tout l’avenir du pays qui se retrouve compromis.
Alors que le conflit se prolonge, la crise éducative au Soudan s’impose comme l’une des plus graves au monde, rappelant que la guerre ne détruit pas seulement le présent, mais hypothèque aussi l’avenir de millions d’enfants.




