Soudan : Dans le camp d’Al-Dabbah, des soignants déplacés sauvent des vies avec des moyens dérisoires

Dans le nord du Soudan, à quelques encablures du Nil, le camp d’Al-Dabbah accueille des milliers de civils fuyant la guerre au Darfour. Transformé en vaste complexe humanitaire improvisé, le site de 14 hectares abrite des familles dans des tentes équipées de lits ou de simples nattes en plastique, tandis que des cuisines collectives et des latrines sommaires permettent de subvenir aux besoins de base.

Dans le nord du Soudan, à quelques encablures du Nil, le camp d’Al-Dabbah accueille des milliers de civils fuyant la guerre au Darfour. Transformé en vaste complexe humanitaire improvisé, le site de 14 hectares abrite des familles dans des tentes équipées de lits ou de simples nattes en plastique, tandis que des cuisines collectives et des latrines sommaires permettent de subvenir aux besoins de base.

Parmi les habitants, une soixantaine de médecins, pharmaciens et infirmiers déplacés, originaires pour la plupart d’El-Facher, tentent de prodiguer des soins malgré des ressources limitées. « Nous venons tous du même endroit », explique Ilham Mohamed, pharmacienne déplacée. « Nous les comprenons et ils nous comprennent. »

Cinq tentes bleues ont été converties en cliniques rudimentaires, servant de pharmacies, de laboratoires et de salles de soins. Des ambulances venues d’Al-Dabbah, à 20 km au nord, jouent le rôle de cliniques mobiles. Les pathologies rencontrées sont nombreuses : infections pulmonaires et intestinales, diarrhées, maladies de peau et troubles oculaires, selon Ahmed Al-Tijani, volontaire auprès de l’OIM. « Nous faisons tout pour répondre aux besoins médicaux, mais les ressources sont insuffisantes », confie-t-il.

Le camp accueille également plus de 150 femmes enceintes ou allaitantes, dont plusieurs ont donné naissance en chemin, après des jours de marche forcée. La Dr Ikhlass Abdallah, qui a trouvé refuge avec d’autres soignants, raconte les horreurs vécues sur la route et à El-Facher : « Il fallait soigner les gens en secret, car être identifié comme médecin signifiait la mort, la captivité ou une rançon. »

Depuis le début du conflit en avril 2023, plus de 1.200 soignants ont été tués dans 285 attaques ciblant des établissements médicaux, selon l’OMS. La guerre a provoqué des dizaines de milliers de morts et déraciné des millions de civils, entraînant l’effondrement du système de santé.

« De nombreux corps étaient méconnaissables, réduits en morceaux », se souvient la Dr Abdallah, évoquant une maternité d’El-Facher bombardée à plusieurs reprises. L’OMS a dénoncé fin octobre quatre attaques en un mois sur cet établissement, faisant plus de 460 victimes parmi patients et soignants.

Face à cette tragédie, le patron des affaires humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a appelé à renforcer le système de santé et à répondre aux besoins urgents en logement, nourriture, assainissement et éducation.

Dans ce camp de fortune, les soignants déplacés, épuisés mais déterminés, continuent de prodiguer des soins avec ce qu’ils ont, incarnant la résilience et la solidarité au cœur d’une crise humanitaire majeure.

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