Un an et demi après le déclenchement du conflit au Soudan, la prise d’El-Fasher par les Forces de Soutien Rapide (FSR) a plongé le Darfour dans la pire crise depuis le début de la guerre en avril 2023. Selon l’ONU, plus de 36 000 personnes ont fui les violences depuis le 26 octobre, se dirigeant principalement vers la périphérie d’El-Fasher et vers Tawila, déjà la plus grande zone d’accueil de déplacés avec plus de 650 000 habitants.
Les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemedti », ont installé une administration parallèle dans la vaste région du Darfour, alors que l’armée régulière contrôle le nord, l’est et le centre du pays. Ce partage de facto du territoire fait resurgir la perspective d’une division du Soudan, déjà amputé du Sud en 2011. L’ONU alerte sur des « atrocités à grande échelle » et des « risques imminents de crimes contre l’humanité ».
Pour Amira Abdel-Halim, experte au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques d’Al-Ahram, « le scénario d’une partition existe depuis le début du soulèvement de 2018. Les combats se poursuivront jusqu’à l’épuisement des forces, et la partition pourrait devenir la seule solution pour mettre fin à la guerre, avec un risque de division en trois entités ».
La communauté internationale, notamment les États-Unis, plaide officiellement pour la préservation de l’unité et de la souveraineté du Soudan, mais aucune mesure concrète n’a été prise pour imposer un cessez-le-feu. Selon l’experte, cette inertie entretient le doute sur la volonté réelle de la communauté internationale à résoudre le conflit.
Alors que le Darfour s’enfonce dans la violence, la situation humanitaire se dégrade rapidement, et la menace d’une instabilité prolongée plane sur l’ensemble de la région, rappelant que les divisions internes et les milices armées constituent un obstacle majeur à la stabilité du pays.



