Société| Après les fêtes, la grande descente : chronique d’un portefeuille en convalescence

Le rideau est tombé sur Noël et le Nouvel An, laissant derrière lui des souvenirs festifs… et des portefeuilles à bout de souffle. Dans les quartiers, l’ambiance a changé du tout au tout : fini le bruit des casseroles débordantes et les parfums de grillades. Place désormais au silence gênant des cuisines vides et au cliquetis discret des cuillères plongées dans un verre de thé devenu repas officiel.

Le rideau est tombé sur Noël et le Nouvel An, laissant derrière lui des souvenirs festifs… et des portefeuilles à bout de souffle. Dans les quartiers, l’ambiance a changé du tout au tout : fini le bruit des casseroles débordantes et les parfums de grillades. Place désormais au silence gênant des cuisines vides et au cliquetis discret des cuillères plongées dans un verre de thé devenu repas officiel.

Pendant deux semaines, l’argent a circulé plus vite que les vœux de bonne année. Poulets, moutons, boissons, habits neufs, décorations scintillantes : tout devait briller, quitte à faire pleurer le budget. On a mangé comme si janvier n’existait pas, on a offert comme si les factures prenaient des vacances, et on a dansé comme si le portefeuille se régénérait tout seul au lever du soleil.

Mais le réveil de janvier est brutal. Le 2 au matin, beaucoup découvrent une nouvelle réalité : le « solde insuffisant » est devenu un colocataire fidèle. Le petit-déjeuner se résume à un verre de thé bien chaud, parfois sans sucre, luxe inutile accompagné d’un regard nostalgique vers la marmite désormais à la retraite. Dans certains foyers, le thé du matin fait aussi office de déjeuner et de dîner, prouvant qu’en période de vaches maigres, la polyvalence est une vertu.

Les marchés, eux, observent la scène avec amusement. Les commerçants racontent que les clients passent, regardent, soupirent, puis repartent avec un sourire gêné et la promesse de « revenir demain ». Un demain qui, selon toute vraisemblance, attendra la fin du mois. Les discussions tournent autour de stratégies de survie financière : réduire les dépenses, éviter les invitations gourmandes et surtout, ne pas repenser au menu des fêtes sous peine de dépression instantanée.

Cette galère post-festive, bien connue mais toujours surprenante, rappelle une vérité simple : la fête est éphémère, mais les conséquences, elles, savent durer. Pourtant, malgré les poches vides, l’humour reste intact. On plaisante, on partage le thé, et on se promet que l’année prochaine, on fera « plus simple ». Une promesse aussi traditionnelle que les fêtes elles-mêmes.

En attendant, janvier s’installe, le thé fume, et la vie continue plus légère dans les assiettes, mais toujours riche en anecdotes. Car si l’argent s’est envolé, au moins les souvenirs, eux, sont bien rassasiés.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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