Science : Une découverte en Afrique australe révèle des connaissances géométriques vieilles de 60 000 ans

Une récente découverte archéologique en Afrique australe apporte un nouvel éclairage sur les capacités intellectuelles des premiers Homo sapiens. Des chercheurs ont identifié les plus anciens motifs géométriques gravés sur des coquilles d’œufs d’autruche, retrouvées en Afrique du Sud et en Namibie, et datant d’environ 60 000 ans. Selon une étude publiée dans la revue scientifique PLOS, ces gravures témoignent d’une maîtrise étonnamment avancée des principes de la géométrie.


Jusqu’à présent, les motifs gravés sur les coquilles d’œufs d’autruche étaient généralement considérés comme de simples expressions de « comportement symbolique » des populations préhistoriques. Toutefois, l’analyse détaillée des nouvelles découvertes révèle que ces dessins ne sont pas le fruit du hasard. Les chercheurs affirment que les gravures obéissent à des règles strictes et traduisent une véritable organisation intellectuelle.


L’étude met en évidence quatre types d’opérations mentales utilisées par les graveurs préhistoriques : la répétition des motifs, la rotation des formes, la translation des lignes et l’enchâssement d’une figure dans une autre. Ces procédés témoignent d’une capacité d’abstraction et d’une pensée structurée déjà très développées chez les premiers Homo sapiens.


L’analyse mathématique des gravures confirme cette précision. Environ 83 % des lignes observées sont tracées de manière strictement parallèle, tandis qu’un angle sur trois correspond à un angle droit presque parfait, avec une marge d’erreur estimée à seulement sept degrés. Une telle régularité suggère une intention claire et une maîtrise technique remarquable pour une époque aussi ancienne.


Les chercheurs estiment que ces gravures pourraient représenter l’une des premières manifestations connues de pensée mathématique. Elles auraient posé les bases cognitives qui ont, des millénaires plus tard, permis l’émergence des mathématiques et de l’écriture.


Autre élément remarquable, les règles utilisées pour tracer ces motifs seraient restées relativement stables pendant environ 5 000 ans, ce qui indique une transmission des connaissances au sein des communautés préhistoriques.


Cette découverte renforce l’idée que les premiers Homo sapiens possédaient des capacités intellectuelles avancées bien plus tôt qu’on ne le pensait. Elle confirme également que l’Afrique australe a joué un rôle majeur dans l’évolution des compétences cognitives humaines, notamment dans le développement de la pensée abstraite et des premières formes d’organisation visuelle du savoir.

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