RDC : Kinshasa dénonce une nouvelle escalade de l’agression rwandaise et appelle à l’application urgente de l’Accord de Washington

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la détérioration rapide de la situation sécuritaire dans l’est du pays. Dans un communiqué diffusé mercredi, Kinshasa accuse ouvertement les Forces de défense du Rwanda (RDF) d’avoir lancé une offensive généralisée dans l’axe Kamanyola–Uvira, en violation flagrante du cessez-le-feu et des engagements pris dans le cadre des récents accords de paix facilités par les États-Unis.

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la détérioration rapide de la situation sécuritaire dans l’est du pays. Dans un communiqué diffusé mercredi, Kinshasa accuse ouvertement les Forces de défense du Rwanda (RDF) d’avoir lancé une offensive généralisée dans l’axe Kamanyola–Uvira, en violation flagrante du cessez-le-feu et des engagements pris dans le cadre des récents accords de paix facilités par les États-Unis.

Selon les autorités congolaises, les attaques menées par les RDF auraient impliqué des « drones kamikazes », causant d’importantes pertes humaines et des dégâts matériels majeurs, notamment parmi les civils. Le gouvernement qualifie ces opérations d’« aventure criminelle » et y voit une transgression grave du droit international humanitaire.

Une crise humanitaire aggravée par de nouveaux déplacements massifs

Kinshasa se dit particulièrement préoccupé par l’ampleur de la crise humanitaire. Plus de 200 000 nouveaux déplacés ont été recensés en quelques jours, tandis que des milliers d’autres civils ont été contraints de fuir les combats. Des infrastructures essentielles auraient été endommagées, des blessés privés d’accès aux soins, et des populations entières prises au piège des violences.

Le gouvernement exprime sa solidarité aux victimes, notamment à celles d’Uvira, devenue l’épicentre de la nouvelle flambée de violence.

Risque d’embrasement régional : tirs d’artillerie en provenance de positions rwandaises

La gravité de la situation dépasse désormais les frontières congolaises. À partir du 4 décembre, des tirs d’artillerie en provenance des positions RDF–M23 auraient touché le territoire burundais, renforçant les inquiétudes quant à un possible embrasement dans la région des Grands Lacs. Kinshasa y voit la preuve du caractère « profondément déstabilisateur » de l’agression rwandaise en cours.

Washington et Doha interpellés

Le gouvernement congolais s’appuie également sur la récente déclaration du Groupe de contact international (GCI), qui identifie clairement la responsabilité du Rwanda dans l’escalade actuelle. Kinshasa appelle donc les facilitateurs des processus de Washington et de Doha, ainsi que la médiation africaine, à utiliser pleinement leur influence pour restaurer la crédibilité des mécanismes de paix.

Les autorités congolaises demandent des mesures « urgentes, fermes et coordonnées » afin de faire cesser les hostilités, garantir le respect des accords signés et prévenir un effondrement total du processus de paix. Elles insistent notamment sur la nécessité que les sanctions envisagées soient appliquées contre Kigali.

Un tournant critique dans la crise

Le communiqué souligne que la situation à Uvira marque un « tournant grave », estimant qu’il s’agit d’un choix délibéré du président rwandais Paul Kagame de « tourner le dos » aux Accords de Washington à peine une semaine après leur signature. Pour Kinshasa, cette attitude constitue une remise en cause volontaire des efforts engagés sous l’égide du Président américain Donald J. Trump, parrain de l’accord.

Kinshasa appelle l’ONU à agir

Enfin, le gouvernement de la RDC exhorte le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter des mesures rapides pour garantir l’application intégrale de sa résolution 2773 (2025), notamment en matière de protection des civils, de cessation des hostilités et de démantèlement des groupes armés.

Kinshasa rappelle qu’il reste engagé dans le respect des accords de paix, tout en réaffirmant sa détermination « à ne jamais renoncer à son droit légitime » de défendre sa population et l’intégrité de son territoire.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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