Proclamation de la République du Tchad : éclairage historique et appel à l’unité nationale dans un entretien avec le doctorant Pierrot Mbaihondoum

À l’occasion de la commémoration du 28 novembre, date marquant la proclamation de la République du Tchad en 1958, le doctorant en archéologie à l’Université de N’Djamena, Pierrot Mbaihondoum, revient dans un entretien exclusif sur la signification profonde de cette étape fondatrice et les enjeux qui l’ont façonnée

À l’occasion de la commémoration du 28 novembre, date marquant la proclamation de la République du Tchad en 1958, le doctorant en archéologie à l’Université de N’Djamena, Pierrot Mbaihondoum, revient dans un entretien exclusif sur la signification profonde de cette étape fondatrice et les enjeux qui l’ont façonnée.

Interrogé sur la notion même de République, le chercheur rappelle d’abord l’origine latine du terme res publica, « la chose publique », soulignant qu’il s’agit moins d’un simple régime politique que d’un principe collectif façonné par la souveraineté populaire, l’égalité des citoyens et la gestion équitable du bien commun. « La République n’est jamais un acquis définitif ; elle se réinvente au rythme de l’engagement des citoyens et de la volonté des dirigeants », insiste-t-il, estimant que le choix de 1958 a ouvert pour le Tchad une dynamique politique nouvelle et déterminante.

Revenant sur les fondements historiques de la proclamation, Pierrot Mbaihondoum situe l’événement dans le contexte de la Constitution française de 1958, qui offrait aux territoires d’outre-mer la possibilité d’accéder à une autonomie au sein de la Communauté française. Le Tchad avait alors opté majoritairement pour le « oui », mû par la volonté de franchir une étape vers l’autodétermination sans rompre brutalement avec les cadres institutionnels en place. Les figures politiques de l’époque, Gabriel Lisette, François Tombalbaye, Sahoulba Gontchomé ou encore Ahmed Koulamalla, aspiraient déjà à un exécutif tchadien renforcé et à une gouvernance mieux ancrée dans les réalités locales.

« Le 28 novembre fut un moment charnière où le Tchad commença à se percevoir comme une nation politique en devenir », explique-t-il, rappelant que cette proclamation a constitué l’une des dernières marches vers l’indépendance obtenue en 1960. Elle a notamment ouvert la voie à la construction progressive d’un État souverain, porteur d’une identité nationale commune.

En conclusion, Pierrot Mbaihondoum appelle à raviver l’esprit républicain à travers un sursaut collectif. Il exhorte notamment le président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, à poser « un acte fort » en faveur de la cohésion nationale, notamment par la libération du Dr Succès Masra, détenu depuis plus de six mois, et l’ouverture d’un dialogue inclusif avec l’ensemble des forces politiques. « Aucun pays ne se construit dans la division ; la République s’épanouit dans l’inclusion, la justice, l’égalité et l’écoute », conclut-il dans un appel résolument tourné vers la paix et l’unité.

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