Au cœur du marché central de Moïssala, dans le département du Barh-Sara, une silhouette familière incarne depuis plus de trente ans la persévérance et la dignité des femmes rurales tchadiennes. Nodjimadji Nguekaou n’a peut-être pas eu la chance de poursuivre longtemps les bancs de l’école, mais elle a bâti, à force de courage et de travail, une vie digne grâce au petit commerce. Chaque jour, derrière son étal, elle vend ses produits avec la même détermination, illustrant la capacité des femmes africaines à transformer les modestes opportunités en véritables piliers de subsistance pour leurs familles.
Dans ce marché animé, où se croisent les voix des vendeurs et le va-et-vient des clients, Nodjimadji est bien plus qu’une commerçante. Elle est un repère pour la communauté, une femme qui a appris à faire face aux difficultés économiques, aux saisons incertaines et aux défis du quotidien. Sa ténacité lui a permis de maintenir son activité pendant trois décennies, faisant d’elle l’un des visages discrets mais essentiels de l’économie locale.
À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, et de la semaine nationale dédiée aux femmes tchadiennes, le parcours de Nodjimadji Nguekaou rappelle une réalité souvent ignorée : dans les villages et les petites villes, des milliers de femmes portent à bout de bras le commerce de proximité et soutiennent la stabilité de leurs familles. Par leur résilience et leur abnégation, ces femmes, comme Nodjimadji, donnent chaque jour un sens concret au mot courage et incarnent la véritable force du monde rural tchadien.




