Réuni en session plénière depuis le 2 février à son siège de Malabo, en Guinée équatoriale, le Parlement communautaire de la CEMAC a adopté à l’unanimité le rapport général 2025 sur le fonctionnement et l’évolution de l’organisation sous-régionale.
Les travaux ont été conduits par le vice-président de l’institution, Alexandre Gilbert Awassi, en présence des différentes délégations nationales, dont celle du Tchad menée par la vice-présidente Cathia Djoufoune. Cette adoption sans réserve consacre les conclusions issues des travaux approfondis de la Commission des affaires institutionnelles, de la justice, des droits de l’homme et des politiques sectorielles.
Auditions et diagnostic institutionnel
En amont de la plénière, la commission compétente avait procédé à l’audition des membres du gouvernement communautaire ainsi que du gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), institution clé de l’architecture monétaire régionale. Ces échanges ont permis d’évaluer la trajectoire économique et financière de la sous-région au titre de l’exercice 2025.
Le rapport met en exergue plusieurs défis structurels persistants. Parmi eux, les entraves à la libre circulation des personnes et des biens, pourtant garantie par les textes communautaires, continuent de freiner l’intégration effective. À cela s’ajoutent les tensions budgétaires et économiques auxquelles font face plusieurs États membres, dans un contexte international marqué par l’incertitude.Autre point d’alerte : l’ampleur du secteur informel. Les parlementaires estiment qu’il pèse lourdement sur la mobilisation des recettes publiques et constitue un frein à la transformation structurelle des économies de la CEMAC.
Recommandations pour relancer l’intégration
Face à ces constats, la plénière a formulé une série de recommandations adressées aux gouvernements nationaux et aux organes communautaires. L’accent est mis sur le renforcement de l’harmonisation des politiques publiques, la consolidation de la discipline budgétaire et l’accélération du processus d’intégration économique.
Les députés plaident également pour un environnement plus attractif en matière d’investissement et pour une stratégie volontariste d’industrialisation, considérée comme un levier essentiel de diversification économique et de création d’emplois.
Un rôle de contrôle affirmé
L’adoption unanime de ce rapport marque une étape significative dans l’affirmation du rôle de contrôle et d’orientation stratégique du Parlement communautaire. En affichant un consensus sur les priorités régionales, l’institution entend renforcer son influence dans la gouvernance sous-régionale et contribuer à l’émergence d’une CEMAC plus intégrée, plus compétitive et plus résiliente.
Pour les observateurs, ce vote unanime envoie un signal politique fort : celui d’une volonté partagée de dépasser les blocages structurels afin de donner un nouvel élan au projet communautaire en Afrique centrale.




