La nomination de Madame Amina Priscile Longoh au poste d’Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire du Tchad auprès de la République française s’inscrit dans un contexte où les choix diplomatiques des autorités font l’objet d’une attention accrue de l’opinion publique et des médias. À travers un communiqué officiel, la Primature a tenu à rappeler le cadre institutionnel et politique dans lequel s’opère cette désignation, tout en répondant aux critiques relayées par certains journaux en ligne.
Sur le plan institutionnel, le communiqué insiste sur le caractère discrétionnaire de la nomination des ambassadeurs, une prérogative constitutionnelle du Chef de l’État. Cette précision vise à réaffirmer l’autorité présidentielle dans la conduite de la politique étrangère et à souligner que ces décisions sont censées répondre aux intérêts supérieurs de la Nation. Dans un contexte tchadien marqué par des attentes fortes en matière de gouvernance et de transparence, ce rappel apparaît comme une volonté de cadrer le débat et d’éviter toute interprétation politique ou communautaire de la décision.
Le document officiel met également en avant le parcours de Madame Amina Priscile Longoh, présentée comme une figure disposant de compétences techniques, d’un professionnalisme reconnu et d’une expérience significative au service de l’État. En soulignant l’appui du Premier ministre, Allah Maye Halina, la Primature cherche à conférer à cette nomination une légitimité institutionnelle renforcée, tout en valorisant la continuité de l’action gouvernementale dans la promotion des cadres nationaux.
Cependant, la publication de ce communiqué révèle aussi l’existence de tensions latentes entre les institutions et une partie de la presse en ligne. En dénonçant des « propos infondés » et des « interprétations malveillantes », la Primature adopte un ton défensif qui traduit la sensibilité du sujet. Cette posture interroge sur la relation entre communication gouvernementale et liberté de la presse, dans un environnement médiatique où les nominations politiques et diplomatiques sont souvent perçues à travers le prisme du favoritisme ou des équilibres politiques.
Si le communiqué affirme que les critiques sont dénuées de fondement, il ne précise pas la nature exacte des accusations ni les éléments factuels qui permettraient de les réfuter point par point. Cette absence de détails laisse subsister des zones d’ombre et rappelle l’importance, pour les médias, de poursuivre un travail de vérification rigoureux et équilibré, en donnant la parole aux différentes parties concernées.
La portée diplomatique de cette nomination ne saurait être négligée. La France demeure un partenaire stratégique du Tchad, et le choix d’une ancienne ministre d’État à ce poste clé peut être interprété comme un signal politique fort, traduisant la volonté des autorités de renforcer le positionnement du pays sur la scène internationale. Reste à observer comment cette nomination se traduira concrètement dans la dynamique des relations bilatérales et dans la perception qu’en aura l’opinion publique nationale.
Cette affaire illustre les défis auxquels sont confrontées les institutions tchadiennes dans la gestion de leur communication : affirmer leur autorité et leurs choix, tout en composant avec un espace médiatique critique et une opinion publique de plus en plus attentive aux questions de mérite, de transparence et de gouvernance.



