Le paysage politique et universitaire nigérien est ébranlé par une affaire judiciaire aux lourdes implications. L’historien et homme politique Mamadou Djibo, ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a été placé sous écrou à la prison civile de Kollo, près de Niamey, dans le cadre d’une enquête portant sur des faits de viol présumé.
Selon les informations rapportées par le journal Les Échos Infos du Niger, l’interpellation et l’incarcération sont intervenues mardi dernier, à la suite d’une plainte déposée par une étudiante inscrite dans un institut privé de formation dont Mamadou Djibo est le promoteur. La justice nigérienne a ouvert une instruction judiciaire afin de faire toute la lumière sur les faits reprochés.
Titulaire d’un doctorat (PhD) et figure connue du monde académique, l’ancien ministre bénéficie, comme le prévoit la loi, de la présomption d’innocence tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’a été rendue. Néanmoins, l’affaire suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique, tant par le profil du mis en cause que par la gravité des accusations.
Au-delà du cas individuel, ce dossier remet sur le devant de la scène la question sensible des violences basées sur le genre (VBG) et des abus présumés dans les établissements d’enseignement supérieur. À plusieurs reprises, des organisations estudiantines et des syndicats ont dénoncé des pratiques jugées contraires à l’éthique académique, impliquant des rapports de domination entre encadrants et étudiants.
Alors que la procédure judiciaire suit son cours, cette affaire relance le débat sur la protection des apprenants, la responsabilité des dirigeants d’institutions privées et publiques, ainsi que sur la nécessité de mécanismes de prévention et de sanction efficaces contre les violences sexuelles en milieu universitaire au Niger.




