Niger : la famille de l’ancien président lance un appel à la mobilisation contre sa détention prolongée

Plus de deux ans après le coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé Mohamed Bazoum et porté le général Abdourahamane Tiani à la tête du Niger, la situation de l’ancien chef de l’État demeure inchangée. Mohamed Bazoum et son épouse restent détenus, sans procès ni communication officielle claire, dans leur résidence présidentielle de Niamey, désormais transformée en lieu de rétention placé sous haute surveillance.

Plus de deux ans après le coup d’État du 26 juillet 2023 qui a renversé Mohamed Bazoum et porté le général Abdourahamane Tiani à la tête du Niger, la situation de l’ancien chef de l’État demeure inchangée. Mohamed Bazoum et son épouse restent détenus, sans procès ni communication officielle claire, dans leur résidence présidentielle de Niamey, désormais transformée en lieu de rétention placé sous haute surveillance.

Malgré les engagements initiaux des autorités militaires concernant un possible règlement judiciaire, aucune évolution tangible n’a été enregistrée depuis l’arrivée au pouvoir du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Les demandes répétées d’accès de leurs avocats, de représentants d’organisations de défense des droits humains ou encore de missions internationales se heurteraient systématiquement à des refus ou à des reports indéfinis.

Face à cette impasse et à ce qu’ils qualifient de « détention arbitraire », les enfants de l’ancien président ont décidé de briser le silence. Dans un message adressé ce 26 novembre, ils appellent la communauté nationale et internationale à se mobiliser pour obtenir la libération de leurs parents, dénonçant une situation « inhumaine » et « contraire aux normes fondamentales des droits humains ».

Selon leurs déclarations, l’ancien couple présidentiel vivrait dans un isolement total, sans accès régulier à des soins adéquats ni possibilité de communication avec l’extérieur. Les inquiétudes concernant leur état de santé se multiplieraient, tandis que les autorités militaires maintiennent un strict mutisme sur leurs conditions de détention.

Sur le plan politique, cette affaire continue d’alimenter les tensions entre Niamey et plusieurs partenaires internationaux, dont la CEDEAO, l’Union africaine et l’Union européenne. Si les sanctions imposées après le putsch ont été progressivement assouplies ou levées, la question du sort de Mohamed Bazoum demeure un point de blocage majeur dans tout processus de normalisation diplomatique.

À Niamey, des organisations de défense des droits humains, des partis politiques et des personnalités publiques relaient désormais l’appel des enfants Bazoum, soulignant l’urgence de trouver une issue conforme aux principes de justice et d’humanité. Mais pour l’heure, le CNSP ne semble montrer aucun signe d’assouplissement.

Alors que la transition annoncée par les militaires peine à se structurer, la détention prolongée de l’ancien président reste l’un des symboles les plus visibles des dérives du pouvoir issu du putsch, et un test pour la crédibilité du Niger sur la scène régionale et internationale.

Constant Danimbe
Constant Danimbe
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