Reporters Sans Frontières (RSF) a tiré la sonnette d’alarme sur une série de mesures restrictives touchant les médias au Mali. Le 13 novembre, les autorités ont suspendu pour trois mois les radios Aadar Koïma de Gao et Aadar Koukia d’Ansongo, suite à des reportages dénonçant le comportement de certains militaires et relayant des critiques des autorités. Dans le même temps, deux journalistes de ces radios, Malick Aliou Maïga et Issoufa Moussa Touré, ont été interpellés pour avoir exprimé des critiques contre le gouvernement.
La situation ne se limite pas au nord du pays : la Radio Kayira, dans le sud, a également été suspendue trois mois après une émission à micro ouvert. Parallèlement, les chaînes françaises LCI et TF1 ont été retirées des bouquets autorisés au Mali. RSF souligne que la couverture journalistique de la pénurie de carburant et du blocus imposé par des groupes armés ne doit en aucun cas justifier ces restrictions, et dénonce à la fois les pressions des autorités et les menaces des groupes armés contre les professionnels de l’information.
L’organisation appelle les autorités maliennes à respecter pleinement la liberté de la presse, rappelant que l’accès à une information indépendante est un pilier essentiel de la démocratie et de la sécurité dans un pays déjà fragilisé par les conflits armés.




