Un récent rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Soudan alerte sur les graves exactions commises par les Forces de soutien rapide (FSR) lors de la prise de contrôle d’El Fasher, fin octobre. Selon les enquêteurs des Nations unies, ces actions présentent des « marqueurs de génocide » et laissent craindre un risque persistant de nouvelles atrocités contre les communautés zaghawa et four.
Le document établit que les FSR ont perpétré au moins trois actes constitutifs du génocide : le meurtre ciblé de membres de groupes ethniques protégés, des atteintes graves à l’intégrité physique et mentale, ainsi que la soumission intentionnelle des populations à des conditions de vie destinées à provoquer leur destruction partielle ou totale. Mohamed Chande Othman, président de la mission, précise que l’ampleur et la coordination de l’opération, validée par les hauts responsables du groupe paramilitaire, témoignent d’une planification méthodique dépassant le cadre des simples débordements liés au conflit.
Le rapport dénonce également le siège d’El Fasher, qui a duré 18 mois, comme une mesure délibérée visant à imposer des conditions de vie intenables par la privation de nourriture, d’eau, de soins médicaux et d’aide humanitaire. Il souligne que les exactions s’inscrivent dans un schéma ciblant les populations en fonction de leur identité ethnique, de leur genre et de leur appartenance politique supposée. Des allégations de massacres de masse, de viols généralisés, de détentions arbitraires, de tortures et de disparitions forcées y figurent également.
Pour la mission de l’ONU, le « caractère systématique des assassinats ciblés, des violences sexuelles, des destructions et des appels publics à l’élimination des communautés non arabes » permet de conclure à l’intention génocidaire des FSR. La communauté internationale est ainsi appelée à surveiller de près la situation, dans un contexte où le risque de nouvelles atrocités reste élevé.




