Le Tchad porte haut sa vision au Sommet régional sur la transformation numérique à Cotonou

Le Tchad a marqué de son empreinte le Sommet régional sur la transformation numérique en Afrique de l’Ouest et du Centre, organisé les 17 et 18 novembre 2025 à Cotonou. À la tête de la délégation tchadienne, le ministre des Postes et de l’Économie numérique, Dr Boukar Michel, a livré une vision stratégique largement saluée par les participants, insistant sur l’urgence d’une intégration numérique cohérente et solidaire entre les deux régions.

Le Tchad a marqué de son empreinte le Sommet régional sur la transformation numérique en Afrique de l’Ouest et du Centre, organisé les 17 et 18 novembre 2025 à Cotonou. À la tête de la délégation tchadienne, le ministre des Postes et de l’Économie numérique, Dr Boukar Michel, a livré une vision stratégique largement saluée par les participants, insistant sur l’urgence d’une intégration numérique cohérente et solidaire entre les deux régions.

Dès son intervention d’ouverture, le ministre a rendu hommage aux avancées numériques du Bénin, soulignant « un changement profond » observé après une décennie d’absence, fruit des politiques impulsées par le président Patrice Talon. Une transition exemplaire, selon lui, qui illustre le potentiel des États africains lorsqu’ils placent l’innovation au cœur de leurs priorités.

Face aux représentants d’Afrique centrale et de l’Ouest, Dr Boukar Michel a plaidé pour une coopération transfrontalière renforcée, reposant sur des infrastructures majeures telles que la fibre optique, les centres de données et les corridors numériques. L’objectif : bâtir des réseaux interconnectés capables d’offrir des services performants aux populations et de soutenir un marché numérique continental en pleine mutation.

Il a toutefois alerté sur un écueil récurrent : la déconnexion entre ambitions technologiques et capacités énergétiques. « Quand on parle d’intelligence artificielle et de connectivité, on oublie le côté énergie », a-t-il rappelé, estimant que toute stratégie numérique doit intégrer de manière réaliste les besoins en alimentation électrique.

Le ministre a néanmoins souligné les opportunités qu’offre la montée en puissance de l’intelligence artificielle, notamment dans le secteur agricole grâce aux plateformes agritech. Des outils innovants susceptibles de créer des emplois massifs et de stimuler l’ingéniosité de la jeunesse africaine. Citant Thomas Sankara, il a encouragé les participants à « oser réinventer l’avenir ».

Dr Boukar Michel a également insisté sur la position stratégique du Tchad, désormais carrefour numérique entre l’Afrique centrale, de l’Ouest, du Nord et de l’Est, grâce au déploiement de la fibre optique depuis le Cameroun. Une vision confirmée par la Banque mondiale, qui étudie l’extension du réseau ouest-africain vers l’Atlantique en s’appuyant sur cet ancrage tchadien.

Sur le plan interne, le ministre a annoncé une série de mesures destinées à démocratiser l’accès au numérique : détaxation des terminaux mobiles, suppression des droits d’assise de 18 %, simplification des procédures et encouragement de l’investissement privé. Des réformes censées rendre l’Internet plus accessible et répondre à une demande qui ne cesse de croître.

L’un des défis majeurs reste néanmoins la fracture numérique. Alors que 10 % des habitants des zones urbaines ont accès à Internet, seulement 2 % en milieu rural bénéficient d’une connexion. D’où l’appel pressant du ministre à densifier les réseaux fibre à l’échelle nationale pour réduire les coûts et améliorer la couverture.

En conclusion, Dr Boukar Michel a réaffirmé que l’avenir numérique du continent repose sur trois piliers indissociables : la coopération régionale, le renforcement des infrastructures et l’innovation. « Osons réinventer l’avenir », a-t-il lancé, invitant les États à transformer les ambitions en actions concrètes.

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