La cloche de l’école venait à peine de sonner à Pala, ce matin du 3 avril 2025. Les élèves, assis sur des bancs usés, suivaient tant bien que mal leur leçon quand soudain, un grondement sourd a brisé la routine. En quelques secondes, un mur entier s’est effondré, ensevelissant plusieurs enfants sous les décombres. Un drame de plus, un avertissement de trop.
Une crise infrastructurelle ignorée
Ce qui s’est passé à Pala n’est malheureusement pas un cas isolé. Dans les zones rurales tchadiennes, les écoles tiennent debout par miracle. Bâtis en banco, ces murs fatigués résistent mal aux saisons de pluies et aux vents violents. L’absence d’entretien et de moyens matériels transforme chaque salle de classe en un piège potentiel. Et pourtant, année après année, le problème est relégué au second plan, noyé dans les urgences d’un pays confronté à de multiples défis.
L’éducation sacrifiée sur l’autel du manque de moyens
Etudier dans ces conditions relève de l’exploit. Sans toitures solides, les élèves subissent la chaleur étouffante et les pluies torrentielles. Certains doivent parcourir des kilomètres pour atteindre des classes où un seul enseignant se démène pour transmettre le savoir à plusieurs niveaux scolaires à la fois. Avec des effectifs pléthoriques et un matériel pédagogique inexistant, comment prétendre offrir un avenir à ces enfants ? Chaque jour, l’éducation recule face aux obstacles.
Des efforts inachevés
Des promesses ont été faites. Des programmes internationaux, des projets gouvernementaux ont vu le jour, visant à reconstruire et moderniser les infrastructures scolaires. Mais sur le terrain, la réalité est toute autre. Seules quelques écoles ont bénéficié de ces initiatives, tandis que des centaines d’autres restent livrées à elles-mêmes. La bureaucratie et le manque de fonds freinent chaque projet, laissant place à une lenteur qui coûte des vies.
L’urgence d’agir
L’effondrement de l’école de Pala ne doit pas être un fait divers de plus. Il est temps d’agir, d’investir dans des bâtiments scolaires sûrs, de garantir aux enseignants les moyens d’exercer leur métier et d’offrir aux enfants du Tchad un droit fondamental : étudier sans risquer leur vie. Il en va de l’avenir du pays. Car une nation qui n’investit pas dans l’éducation condamne ses générations futures à l’oubli.
Aujourd’hui, à Pala, des familles pleurent. Demain, ailleurs, un autre mur pourrait s’effondrer. Qui osera enfin empêcher la prochaine tragédie ?