International : le Zimbabwe rejette un accord de 350 millions de dollars avec les États-Unis pour raisons de souveraineté

Le gouvernement du Zimbabwe a rejeté un projet d’accord de financement de 350 millions de dollars proposé par les États-Unis dans le domaine de la santé, invoquant des préoccupations liées à la souveraineté nationale, selon des informations rapportées par le média ZimLive.


D’après la même source, le président Emmerson Mnangagwa aurait personnellement ordonné l’arrêt des négociations. La décision a été officiellement transmise fin décembre 2025 par le secrétaire aux Affaires étrangères et au Commerce international aux ministères des Finances et de la Santé, selon un document consulté par ZimLive.


Dans cette directive, le projet d’accord est qualifié de « manifestement déséquilibré » et susceptible de « compromettre et porter atteinte de manière flagrante à la souveraineté et à l’indépendance du Zimbabwe ». Les autorités zimbabwéennes ont estimé que plusieurs dispositions proposées par Washington étaient inacceptables.


Le protocole d’accord était présenté par les États-Unis comme un appui au système sanitaire zimbabwéen dans le cadre de leur stratégie mondiale America First Global Health Strategy (AFGHS). Toutefois, Harare a considéré que les conditions du financement dépassaient le cadre strict de la coopération sanitaire.


Parmi les points de désaccord figure la demande américaine d’un accès direct aux données sanitaires du Zimbabwe pendant une période déterminée. Les autorités zimbabwéennes ont interprété cette exigence comme un possible abus de pouvoir susceptible de servir des objectifs de renseignement.


Le gouvernement zimbabwéen a également estimé que la signature d’un accord bilatéral de santé avec les États-Unis serait difficilement compatible avec son engagement en faveur du multilatéralisme dans le domaine de la coopération sanitaire.
Par ailleurs, Washington aurait insisté pour obtenir un accès aux ressources minérales critiques du pays dans le cadre d’un accord plus large, une condition jugée sensible par Harare.


Le refus de cet accord illustre la volonté du Zimbabwe de préserver son autonomie stratégique, même face à des financements importants destinés au secteur de la santé. Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à redéfinir leurs relations de coopération avec les grandes puissances sur des bases jugées plus équilibrées.

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