Le Ghana a annoncé son boycott du sommet Africa Energies prévu à Londres, dénonçant des pratiques discriminatoires à l’encontre des professionnels africains dans les grandes rencontres internationales consacrées à l’énergie. À travers cette décision, les autorités ghanéennes expriment une lassitude croissante face à ce qu’elles perçoivent comme une exclusion persistante des acteurs africains dans des débats pourtant centrés sur l’avenir énergétique du continent.
Dans un communiqué officiel, la Chambre de l’énergie du Ghana évoque une « frustration croissante face à la marginalisation des voix africaines » lors de ces forums internationaux. L’organisation estime que ces espaces, censés favoriser des échanges équilibrés, continuent de reléguer les experts africains à des rôles secondaires, limitant ainsi leur influence dans les prises de décision.
Le document insiste sur la nécessité de rééquilibrer les rapports dans ces rencontres stratégiques. « Le Ghana n’est pas un simple spectateur dans l’histoire énergétique de l’Afrique. L’Afrique ne peut être traitée comme un marché où l’on se contente d’être présent, tandis que les Africains sont considérés comme des participants facultatifs dans la mise en œuvre », souligne le communiqué, appelant à une reconnaissance pleine et entière de l’expertise africaine.
Ce boycott intervient dans un contexte où d’autres pays africains expriment des préoccupations similaires. À la mi-mars, le Mozambique avait lui aussi annoncé son retrait du même sommet, dénonçant le traitement réservé aux professionnels noirs du secteur énergétique. Cette convergence de positions met en évidence un malaise grandissant face aux déséquilibres structurels dans les plateformes internationales de dialogue.
Au-delà de l’acte symbolique, la décision du Ghana pourrait fragiliser la crédibilité de ces rencontres et raviver le débat sur leur inclusivité. Elle pose surtout la question de la place réelle des pays africains dans les discussions qui engagent directement leurs ressources et leur développement.
En se retirant du sommet de Londres, Accra envoie un message clair : celui d’un continent qui entend désormais peser davantage dans les décisions stratégiques et refuser toute forme de marginalisation dans la gouvernance de son avenir énergétique.




