La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) hausse le ton face à la situation politique en Guinée-Bissau. Le président en exercice de l’organisation régionale, Julius Maada Bio, a appelé les autorités de transition à engager sans délai une transition politique brève, crédible et inclusive, afin de permettre un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
Dans une déclaration ferme, la CEDEAO a clairement rejeté toute perspective de transition prolongée. Pour l’organisation, l’instabilité chronique que connaît la Guinée-Bissau depuis plusieurs années, marquée par une succession de crises institutionnelles et de coups d’État, ne peut être résolue que par un processus politique rapide, transparent et largement accepté par l’ensemble des acteurs nationaux.
Julius Maada Bio a insisté sur la nécessité de former un gouvernement inclusif, capable de rassembler toutes les forces politiques et sociales du pays. Selon lui, seule une large participation des partis politiques, de la société civile et des différentes sensibilités nationales peut garantir la légitimité du processus de transition et prévenir de nouvelles tensions.
Parmi les priorités mises en avant par la CEDEAO figure également la libération des détenus politiques. L’organisation estime que la décrispation du climat politique est indispensable pour créer un environnement propice au dialogue et à la réconciliation nationale. Sans ces gestes d’apaisement, toute tentative de transition risquerait d’être compromise par la méfiance et les divisions internes.
Pour appuyer cette démarche, une mission de haut niveau de la CEDEAO est déjà déployée à Bissau. Elle est chargée de mener des discussions avec les autorités de transition ainsi qu’avec les différentes parties prenantes, afin de définir une feuille de route claire vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel.
À travers cette initiative, la CEDEAO réaffirme sa détermination à préserver la stabilité démocratique en Guinée-Bissau et à éviter l’enlisement dans une nouvelle crise politique durable. Dans un pays fragilisé par des décennies d’instabilité, l’organisation régionale entend jouer pleinement son rôle de garant de la paix, du dialogue et de la démocratie en Afrique de l’Ouest.




