Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a vivement dénoncé vendredi la situation humanitaire « catastrophique » dans la bande de Gaza, réaffirmant l’engagement de l’Espagne en faveur d’une paix durable et appelant à la fin des violences en Cisjordanie occupée.
Lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre palestinien, Mohammad Mustafa, le chef de la diplomatie espagnole a fait part du « plein soutien » de Madrid aux efforts visant à instaurer une paix durable à Gaza et à mettre un terme aux tensions persistantes en Cisjordanie. Un échange qui s’inscrit dans un contexte régional marqué par une crise humanitaire sans précédent et par la poursuite des violences malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu.
Sur le réseau social X, José Manuel Albares a souligné que l’Espagne continuerait de travailler étroitement avec l’Autorité palestinienne afin d’assurer sa viabilité financière et de soutenir la mise en œuvre de son plan de réformes. Il a, à cette occasion, appelé Israël à transférer les recettes fiscales palestiniennes qu’il retient depuis plusieurs années.
Selon le ministère palestinien des Finances, près de deux milliards de dollars de recettes fiscales sont ainsi bloqués par Israël depuis 2019, une situation qualifiée par les autorités palestiniennes de « violation flagrante » des accords signés entre les deux parties.
Le ministre espagnol a également condamné l’expansion continue des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, estimant qu’elle devait cesser immédiatement. L’année 2025 s’est achevée, selon lui, sur un record d’expansion coloniale, avec l’approbation par la coalition israélienne d’extrême droite d’un nombre sans précédent de nouveaux projets de colonies et de logements.
Plus tôt cette semaine, les autorités israéliennes ont notamment validé la construction de 126 logements pour colons dans l’avant-poste de Sa-Nour, au nord de la Cisjordanie, une zone pourtant évacuée en 2005 dans le cadre du plan de désengagement unilatéral.
Sur le plan humanitaire, José Manuel Albares a dénoncé les restrictions imposées aux organisations non gouvernementales, qu’il juge « inacceptables » et aggravant encore la situation sur le terrain. Il a insisté sur la nécessité de permettre aux agences des Nations unies, en particulier l’UNRWA, d’opérer librement à Gaza et en Cisjordanie afin de venir en aide aux populations civiles.
« La situation humanitaire à Gaza est catastrophique », a-t-il martelé, avant d’assurer que l’Espagne participerait à la reconstruction de l’enclave palestinienne. « Nous participerons à la reconstruction afin que les Gazaouis aient un avenir sur leur terre », a-t-il déclaré.
Depuis octobre 2023, plus de 71 000 personnes ont été tuées à Gaza, majoritairement des femmes et des enfants, et une grande partie de l’enclave a été détruite. Bien qu’un cessez-le-feu soit entré en vigueur en octobre 2025, des violations ont continué d’être signalées, maintenant une instabilité persistante et une crise humanitaire aiguë dans la région.




