Le ton est ferme à Pretoria. Alors que les États-Unis ont annoncé leur intention de boycotter le sommet du G20 et d’y dépêcher uniquement un chargé d’affaires ad interim pour recevoir la passation de la présidence, l’Afrique du Sud a opposé une fin de non-recevoir. « Le Président ne confiera pas la présidence à un chargé d’affaires », a écrit sur X Vincent Magwenya, porte-parole de la présidence sud-africaine, affirmant clairement la position du chef de l’État Cyril Ramaphosa.
Assurée par Pretoria en 2025, la présidence tournante du G20 doit revenir aux États-Unis en 2026. Mais Washington, sous l’administration Trump, a décidé de boycotter le sommet, invoquant des préoccupations relatives aux droits de l’homme. Une justification qui a suscité de vives interrogations au sein de la diplomatie internationale, d’autant que le G20 reste l’un des principaux cadres de coopération économique mondiale.
Cette absence américaine crée une situation inédite dans les usages diplomatiques du groupe. La passation, traditionnellement effectuée entre chefs d’État ou ministres de haut rang, pourrait se dérouler sans représentant de premier plan côté américain. Et Pretoria n’entend pas déroger aux normes du protocole.
Par ailleurs, plusieurs médias ont rapporté que les États-Unis avaient mis en garde contre la publication d’une déclaration conjointe à l’issue du sommet de Johannesburg. Une pression rejetée par l’Afrique du Sud, qui assure que le sommet suivra son cours normal. Les autorités sud-africaines maintiennent que l’ordre du jour, les discussions et les conclusions prévues seront menés comme initialement envisagé, indépendamment du niveau de participation des États-Unis.
Alors que les tensions diplomatiques se cristallisent autour du sommet, Pretoria tente de préserver le sérieux institutionnel du G20 et de rappeler que la présidence du groupe obéit à des règles immuables. Reste à savoir si Washington reverra sa position ou acceptera d’hériter de la présidence 2026 dans ces conditions peu conventionnelles.



