À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, lumière sur Fraida Hassanatte, l’une des figures prometteuses de l’athlétisme tchadien. Née le 15 mars 1998 à N’Djamena, celle que beaucoup surnomment la « Gazelle tchadienne » symbolise l’énergie, la persévérance et l’ambition d’une jeunesse déterminée à franchir les lignes d’arrivée malgré les obstacles.
L’éclosion d’un talent autodidacte
Depuis son plus jeune âge, Fraida nourrit une passion pour le sport. Mais contrairement à de nombreux athlètes formés dans des structures spécialisées, elle trace son chemin presque seule.
Le véritable déclic intervient lors des tests des jeux scolaires en 2014-2015. Sans préparation spécifique ni encadrement technique poussé, la jeune athlète s’impose sur l’épreuve du 400 mètres. Cette victoire marque le début d’un rêve : porter haut les couleurs du Tchad et inscrire son nom dans l’histoire de l’athlétisme national.
Une course jalonnée de sacrifices
Au Tchad, embrasser une carrière sportive de haut niveau relève souvent du défi. Pour Fraida Hassanatte, la réussite passe par une discipline rigoureuse et de nombreux sacrifices.
Son quotidien est rythmé par des entraînements intensifs : coucher tôt, réveil à l’aube et séances d’entraînement six jours sur sept. Mais au-delà de l’effort physique, elle doit composer avec des difficultés structurelles bien connues des sportifs locaux : manque d’infrastructures adaptées, rareté des compétitions et soutien financier limité.
À ces défis s’ajoute parfois le poids du regard social. S’entraîner en public expose la jeune athlète à des remarques désobligeantes, voire à des agressions verbales. Des obstacles qui, loin de la décourager, renforcent sa détermination.
« La vie est une course d’endurance. Mon message à la jeunesse est de ne jamais abandonner ses rêves, peu importe les obstacles. », confie Fraida Hassanatte.
Des ambitions au-delà des frontières
Chaque compétition est pour elle une occasion de représenter fièrement le drapeau tchadien. Mais la « Gazelle » ne compte pas s’arrêter là.
Son regard est désormais tourné vers les grandes scènes internationales : les Championnats d’Afrique, les Mondiaux d’athlétisme et, en ligne de mire, la consécration ultime pour tout sportif, les Jeux olympiques.
Une inspiration pour la nouvelle génération
Au fil des années, Fraida Hassanatte s’impose comme un modèle pour de nombreuses jeunes filles. Au-delà du Tchad, son parcours inspire déjà d’autres athlètes en Afrique centrale, où la présence des femmes dans le sport de haut niveau gagne progressivement du terrain.
Pour elle, le sport est bien plus qu’une compétition : c’est un levier d’émancipation et une voie d’expression pour toute une génération prête à courir vers son avenir.
Dans les starting-blocks de la vie comme sur la piste, la « Gazelle tchadienne » continue d’avancer, foulée après foulée, avec une conviction intacte : les rêves ne se regardent pas, ils se poursuivent.




