Le climat sécuritaire à l’est du Tchad s’aggrave après l’attaque meurtrière d’un drone le 18 mars dernier à Tiné Djagaraba, ayant coûté la vie à vingt civils. Dans un communiqué publié ce 20 mars 2026, le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) a vivement critiqué la réaction du gouvernement de Mahamat Idriss Deby Itno, dénonçant ce qu’il qualifie de « fuite en avant » et de « stratégie bien réfléchie » visant à entraîner le pays dans un conflit régional aux conséquences imprévisibles.
Selon l’opposition, le déploiement massif de troupes à la frontière soudanaise et l’ordre d’exercer un « droit de poursuite » relèvent d’une décision unilatérale, prise sans consultation parlementaire et au mépris des procédures démocratiques. « Est-ce admis de déployer plusieurs bataillons prêts à intervenir en territoire étranger pour faire la guerre à un drone ? » s’interroge le communiqué, pointant également les lacunes des services de renseignement face à la menace aérienne.
Pour le GCAP, l’incident ne serait pas isolé mais constituerait une manœuvre pour transformer le Tchad en cobelligérant dans le conflit soudanais, sous l’influence de puissances financières étrangères. L’opposition interpelle le gouvernement sur les coûts humains et financiers d’un engagement militaire dans une guerre qui n’est pas celle du peuple tchadien.
Face à cette situation, le GCAP formule des exigences précises : saisine du Conseil de sécurité de l’ONU, expertise internationale indépendante sur l’origine technique du drone, et ouverture d’une enquête pour crime de guerre. Dans un pays déjà placé sous état d’urgence républicaine, cette sortie met en lumière la fracture profonde entre une opposition appelant à la retenue et un pouvoir qui privilégie l’option militaire.




