Éducation : Après le bac, l’embarras du choix : quand les élèves hésitent sur leur avenir

À la fin du baccalauréat, un sentiment partagé s’installe chez beaucoup de nouveaux diplômés : la joie d’avoir franchi une étape décisive, mais aussi l’angoisse de devoir choisir une filière d’études. Entre les rêves d’adolescents, les conseils des parents, les débouchés incertains et les réalités du marché de l’emploi, la décision n’est jamais simple.

Pour certains, la filière s’impose comme une évidence. C’est le cas de ceux qui nourrissent depuis longtemps une vocation, qu’il s’agisse de médecine, d’ingénierie ou encore de droit. Mais pour une majorité d’élèves, l’horizon est flou. Beaucoup se retrouvent face à une multitude d’options, sans toujours disposer d’informations claires sur les formations et leurs perspectives.

« On nous dit de choisir ce qui nous passionne, mais en même temps on nous rappelle que certains diplômes ne garantissent pas d’emploi », confie Amina, une bachelière en série D, qui hésite entre biologie et sciences informatiques. Ce dilemme illustre une tension bien connue : concilier aspirations personnelles et exigences du monde professionnel.

Les parents, souvent désireux de sécuriser l’avenir de leurs enfants, orientent vers les filières dites “porteuses”. Médecine, comptabilité, informatique et génie civil figurent parmi les plus recommandées. Pourtant, la réalité du marché montre que même ces domaines peuvent être saturés. À l’inverse, des filières négligées comme les lettres modernes, les sciences sociales ou la communication ouvrent des portes inattendues, notamment dans les secteurs émergents liés au numérique et aux médias.

Les conseillers d’orientation insistent sur l’importance d’un choix réfléchi et personnalisé. « Il n’existe pas de filière parfaite, mais un chemin qui doit correspondre aux talents et à la personnalité de l’élève », explique un psychologue scolaire. Selon lui, les tests d’orientation, encore peu utilisés, pourraient aider les jeunes à mieux cerner leurs aptitudes.

Mais le problème ne se limite pas à la responsabilité individuelle. L’absence de dispositifs structurés d’accompagnement est aussi pointée du doigt. Dans de nombreux pays, les salons d’orientation et forums universitaires permettent aux élèves de rencontrer des représentants d’écoles, d’universités et d’entreprises afin de comparer les opportunités. Au Tchad, de telles initiatives restent rares et souvent portées par des acteurs privés ou des ONG, alors que l’État peine à les organiser de manière régulière.

Ce manque d’orientation institutionnelle accentue les incertitudes. Beaucoup de bacheliers se basent sur des “on-dit”, ou sur l’expérience de proches, au lieu de bénéficier d’informations précises et accessibles. Résultat : certains s’engagent dans une voie par défaut, et découvrent trop tard qu’elle ne correspond ni à leurs attentes ni aux opportunités réelles.

Cette situation relance le débat sur la nécessité de renforcer l’accompagnement à l’orientation dès le secondaire. Des ateliers d’information, des forums universitaires nationaux et un accès simplifié aux données sur le marché de l’emploi pourraient réduire cette incertitude.

En attendant, chaque année, des milliers de jeunes vivent ce moment charnière avec la même question en tête : « Quelle filière choisir pour ne pas me tromper ? » Une interrogation légitime, qui rappelle que le choix post-bac n’est pas seulement académique, mais aussi profondément existentiel.


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