Côte d’Ivoire – Mali : Mamadou Hawa Gassama condamné à Abidjan pour des propos contre Alassane Ouattara

Le tribunal correctionnel d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, a condamné le député du Conseil national de transition (CNT) du Mali, Mamadou Hawa Gassama, à trois ans de prison assortis d’une lourde amende pour des propos jugés offensants à l’égard du président ivoirien Alassane Ouattara. L’information a été rapportée par le site d’actualité ivoirien 7info.


Selon la même source, l’élu malien a été reconnu coupable de « diffusion d’expressions outrageantes par internet », une infraction prévue et sanctionnée par la législation ivoirienne. Les faits reprochés remontent à deux ans, lorsque Mamadou Hawa Gassama avait publiquement qualifié le chef de l’État ivoirien d’« ennemi numéro un du Mali », dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Bamako et certains pays de la sous-région.


À l’époque, ces déclarations intervenaient alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avait imposé de lourdes sanctions au Mali à la suite du processus de transition politique engagé par les autorités de Bamako.

Plusieurs responsables maliens et acteurs proches du pouvoir de transition avaient dénoncé ce qu’ils percevaient comme une ingérence de certains États membres de l’organisation régionale, la Côte d’Ivoire étant souvent citée parmi les pays les plus fermes vis-à-vis du régime malien.


Cette condamnation, prononcée par une juridiction ivoirienne, soulève des questions sur la portée juridique des propos tenus sur les réseaux sociaux et sur les conséquences judiciaires possibles des discours politiques transfrontaliers en Afrique de l’Ouest. Elle intervient dans un contexte régional encore marqué par des relations parfois tendues entre les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) et certains membres de la Cédéao.


Si les autorités ivoiriennes estiment que la décision de justice vise à sanctionner des propos diffamatoires et à préserver l’honneur des institutions, du côté malien, cette affaire pourrait raviver le débat sur la liberté d’expression des responsables politiques et sur la judiciarisation des différends diplomatiques dans l’espace ouest-africain.


Au-delà du cas personnel de Mamadou Hawa Gassama, ce dossier illustre la sensibilité des relations entre États de la région, où les tensions politiques et diplomatiques peuvent rapidement se traduire par des contentieux judiciaires, notamment à l’ère des réseaux sociaux, devenus un terrain d’expression privilégié pour de nombreux acteurs politiques.

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