Plus de 30 000 demandeurs d’asile congolais ont franchi la frontière burundaise en seulement trois jours, fuyant l’intensification des combats entre le M23 et l’armée congolaise dans l’est de la République démocratique du Congo. L’annonce a été faite mercredi par le ministre burundais des Relations extérieures, Édouard Bizimana, qui pointe « l’avancée du mouvement rebelle M23 appuyé par le Rwanda » comme principal facteur de cet exode soudain. La province burundaise de Cibitoke, voisine de l’est de la RDC, est devenue le principal corridor de passage pour ces milliers de civils terrorisés, venus notamment d’Uvira. « Il est impérieux de protéger les civils qui sont à nouveau les victimes principales de ces violences », a insisté le ministre, alors que ce nouveau flux s’ajoute aux plus de 120 000 réfugiés congolais déjà enregistrés depuis janvier 2025. Sur le terrain, les affrontements se poursuivent dans plusieurs zones stratégiques du Nord et du Sud-Kivu, malgré la signature, le 4 décembre, d’un accord de paix « historique » entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, fruit d’une médiation internationale impliquant Doha, Washington et l’Union africaine. Alors que le M23, ressurgi en 2022 après presque une décennie d’inactivité, continue de gagner du terrain, l’afflux massif de civils vers le Burundi confirme l’ampleur d’une crise humanitaire qui ne cesse de s’aggraver.




