Le bras de fer entre la direction du Centre Hospitalier National (CHN) El-Maarouf et une partie de son personnel a franchi un point de non-retour. Par une décision datée du 18 mars 2026, la direction générale a annoncé la rupture immédiate du contrat de cinq médecins, accusés d’avoir gravement manqué à leurs obligations de service public.
La sanction est tombée comme un couperet. Dans un document officiel signé par le Directeur Général, M. Asseumany Abdou, l’administration hospitalière a acté la rupture des contrats de travail de cinq professionnels de santé affectés à des services critiques.
Refus de réquisition et service minimum
Au cœur de cette décision brutale se trouve un conflit social qui dure depuis plusieurs jours. La direction invoque trois motifs principaux pour justifier ces licenciements notamment le non-respect d’une réquisition validée par le parquet en date du 10 mars 2026; le refus d’assurer le service minimum, jugé indispensable à la sécurité des patients et le manquement au principe de continuité du service public hospitalier.
La direction précise que les propositions formulées pour répondre aux revendications des contractuels ont fait l’objet d’un « rejet catégorique » de la part des grévistes, menant à cette impasse juridique et administrative.
Des services clés impactés
La liste des agents licenciés montre que la contestation touchait des piliers du système de soin comorien. Les services de la Maternité, de la Néonatologie, de la Médecine Interne, de l’Imagerie Médicale et de la Pédiatrie sont directement concernés par ces départs forcés.
Liste des agents visés par la rupture de contrat:
- Dr Chaharzad Said Abdallah (Service Maternité);
- Aida Mohamed (Service Néonatologie);
- Ahmed Abdou Mmadi (Service Médecine Interne);
- Zainoudine Ahmada (Service d’Imagerie Médicale);
- Zoulfata Ali Hamadi (Service Pédiatrie)
Une décision à effet immédiat
La mesure, notifiée individuellement aux intéressés, prend effet immédiatement. Elle a été transmise pour ampliation au Secrétariat Général du Gouvernement (SGG) ainsi qu’au ministère de la Santé.
Cette fermeté affichée par la direction d’El-Maarouf soulève des questions sur le climat social au sein du plus grand centre hospitalier du pays. Si l’administration met en avant la sécurité des patients pour justifier ces sanctions, ce dénouement risque de raviver les tensions avec les syndicats de la santé, qui dénoncent régulièrement les conditions de travail des agents contractuels.
L’opinion publique reste désormais dans l’attente de la réaction des collectifs de soignants face à ce qui est perçu par certains comme une mesure de rétorsion musclée.



