Alors que la République centrafricaine s’apprête à entrer dans une nouvelle phase électorale, les préoccupations des personnes vivant avec l’albinisme refont surface. Réunies lors d’un atelier organisé par le PNUD sur l’inclusion des personnes handicapées dans le processus électoral, elles ont dénoncé les conditions qui limitent encore leur pleine participation citoyenne.
Bilio Chisnay, représentant de l’association Albinisme Solidarité en Centrafrique (ASKA), a livré un témoignage marqué par l’urgence et la réalité du terrain. « Le jour du vote, les difficultés sont nombreuses », a-t-il alerté, rappelant que l’exposition prolongée au soleil, due aux longues files d’attente dans des bureaux de vote souvent dépourvus d’abris, constitue un risque majeur pour cette communauté dont la peau est particulièrement sensible.
« Quand on doit rester des heures sous un soleil fort, c’est difficile, parfois même dangereux. Beaucoup renoncent à voter à cause de cela », a-t-il poursuivi. Mais au-delà des contraintes physiques, les personnes vivant avec l’albinisme doivent aussi faire face à des attitudes discriminatoires : moqueries, stigmatisation et remarques blessantes qui, selon lui, découragent trop souvent l’exercice du droit de vote.
Face à ces obstacles, Bilio Chisnay formule plusieurs recommandations. Il appelle les autorités à mener une campagne nationale de sensibilisation pour déconstruire les préjugés autour de l’albinisme et promouvoir un climat de respect et de dignité. Il plaide également pour la création de bureaux de vote aménagés, comprenant des zones ombragées, des files prioritaires et un dispositif organisationnel adapté à leurs besoins spécifiques.
Si des initiatives locales existent, elles demeurent marginales et insuffisantes, insiste-t-il. « Il y a encore beaucoup à faire. Il faut soutenir les associations, sensibiliser davantage et mettre en place des dispositifs concrets pour permettre aux personnes albinos d’exercer leur droit de vote dans la dignité.»
L’enjeu est de taille : faire en sorte que le suffrage universel le soit réellement pour toutes et tous. L’appel lancé à Bangui rappelle que l’inclusion électorale ne peut rester un simple principe, mais doit devenir une réalité tangible, surtout pour les populations les plus vulnérables.




