En République centrafricaine, les initiatives locales de consolidation de la paix gagnent progressivement en efficacité grâce à l’appui de la MINUSCA. À travers des structures telles que le Comité de mise en œuvre préfectoral de l’Accord de paix (CMOP), les Comités locaux de transhumance et les Comités locaux de paix et de réconciliation (CLPR), les communautés s’organisent pour prévenir et gérer les conflits dans les 20 préfectures du pays.
Dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est du pays, cet accompagnement international se traduit déjà par des résultats concrets. Entre juin et décembre 2025, plus de 15 conflits ont été résolus dans les quatre sous-préfectures de la région, notamment ceux liés à la transhumance, longtemps source de tensions entre agriculteurs et éleveurs.
À Birao, Daoud Bourma, président du Comité de transhumance, témoigne de l’impact du soutien reçu : « Nous remercions la MINUSCA dont l’appui a contribué à réduire les violences liées à la transhumance. La moto que nous avons reçue nous permet de sensibiliser les communautés dans les villages et de parcourir les zones de transhumance afin de nous assurer que les couloirs sont respectés ».
Les bénéficiaires confirment cette dynamique positive. À Boura, Issa Abdoulaye Mahamat, éleveur, souligne que « grâce aux comités locaux, nous pouvons désormais discuter et trouver des solutions avant que la situation ne s’aggrave ». Un changement de mentalité également observé chez les populations civiles. À Am-Dafock, Halima Issa se réjouit de ces avancées : « Ces discussions nous aident à mieux comprendre l’importance du dialogue. Aujourd’hui, nous savons que les conflits peuvent être résolus sans violence ».
Entre juin 2025 et janvier 2026, les mécanismes locaux de paix, appuyés par la MINUSCA, ont mené 15 missions de terrain dans plusieurs localités, dont Birao, Am-Dafock, Ouanda Djallé ou encore Tissifongoro. Parallèlement, une trentaine de séances de sensibilisation ont été organisées, axées sur la résolution pacifique des conflits, la promotion du dialogue communautaire et la lutte contre les discours de haine et la désinformation. Ces activités ont bénéficié à environ 10 000 personnes, dont plus de 3 000 femmes.
Ces résultats illustrent l’importance d’un ancrage local dans les processus de paix, où les communautés deviennent elles-mêmes actrices de la prévention des conflits. Dans un contexte encore marqué par des fragilités sécuritaires, l’expérience de la Vakaga offre ainsi un modèle encourageant pour le reste du pays.



