La Cour pénale spéciale (CPS) de la République centrafricaine risque de fermer ses portes dès juin 2026 en raison d’un déficit de financements, rapporte le Réseau des journalistes pour les droits de l’homme (RJDH), citant un communiqué d’Amnesty International publié le 11 février 2026. L’organisation de défense des droits humains met en garde contre « un revers catastrophique » dans la lutte contre l’impunité, estimant qu’une telle fermeture constituerait un échec pour les milliers de victimes et survivants de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Selon Amnesty International, la CPS traverse une grave crise de liquidité qui menace sa survie, situation ayant déjà conduit à une réduction de 25 % de son personnel. L’ONG appelle les États partenaires à débloquer d’urgence des contributions financières afin d’assurer la continuité des activités de la Cour.
Tribunal hybride soutenu par les Nations unies et composé de magistrats centrafricains et internationaux, la CPS a été inaugurée le 22 octobre 2018 et a ouvert son premier procès le 19 avril 2022 contre trois anciens membres d’un groupe armé. À ce jour, quatre procès ont été organisés, dont deux sont en appel, tandis que deux autres sont en cours en première instance.
La Cour a également émis en 2024 un mandat d’arrêt contre l’ancien président François Bozizé, toujours non exécuté, bien que l’affaire ait été renvoyée devant la juridiction en janvier 2026 en son absence. Plus de 30 personnes restent recherchées dans le cadre d’enquêtes en cours. Engagée dans son second mandat de cinq ans depuis octobre 2023, la CPS, dont le mandat court jusqu’en 2028, demeure un pilier essentiel du dispositif judiciaire centrafricain, dans un contexte où les juridictions nationales manquent de moyens pour juger les crimes les plus graves.




