Alors que la République centrafricaine se joint à la communauté internationale pour célébrer la Journée mondiale de l’environnement, la sonnette d’alarme est tirée à Bangui. Le Centre pour l’Information Environnementale et le Développement Durable (CIEDD) appelle à une mobilisation nationale afin de transformer les perceptions populaires et institutionnelles sur les enjeux écologiques.
Au cœur de la capitale centrafricaine, les signes d’un environnement en péril sont visibles à l’œil nu : canaux bouchés par des déchets, artères urbaines souillées, et quartiers entiers vulnérables aux inondations, notamment dans le 2ᵉ arrondissement. Cette situation, loin d’être nouvelle, révèle l’urgence d’une prise de conscience collective.
« On parle de l’environnement comme une priorité mondiale, mais ici, on agit comme si ce n’était pas notre affaire », déplore un habitant rencontré dans une zone régulièrement inondée. « Nous sommes tous responsables, mais personne n’assume vraiment », ajoute-t-il, sous couvert d’anonymat.
Le CIEDD, par la voix de son coordonnateur Jean-Jacques Urbain Mathamadé, en appelle à un changement de paradigme. Selon lui, au-delà des discours institutionnels, il faut agir en profondeur sur les comportements individuels et collectifs :
« Informer, sensibiliser, former : c’est notre seule arme pour faire évoluer les mentalités. L’environnement ne doit plus être perçu comme une option, mais comme une priorité de survie nationale », insiste-t-il.
L’association environnementale, qui anime également la radio Environnement FM, plaide pour une intensification des actions éducatives sur le terrain, auprès des jeunes, des ménages et des autorités locales. Car, si les populations jettent leurs ordures dans les canaux, c’est aussi, souligne un passant du pont de Miskine, parce que les infrastructures publiques sont insuffisantes et mal entretenues.
Cette année, la Journée mondiale de l’environnement, célébrée sous le thème « mettre fin à la pollution plastique », met en lumière un fléau mondial dont les effets sont bien réels à Bangui. Plastiques à usage unique, sachets abandonnés, déchets non traités : autant de menaces qui aggravent les catastrophes naturelles et compromettent la santé publique.
Pour les acteurs comme le CIEDD, la solution passe par une volonté politique plus affirmée, des investissements dans la gestion des déchets, mais surtout, une responsabilisation de chaque citoyen. « L’environnement, c’est notre cadre de vie, notre avenir, et celui de nos enfants. Il est temps d’agir », conclut Mathamadé.




