En Centrafrique, la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025 continue de susciter une vive contestation. Lors d’un point de presse tenu à Bangui, l’opposant Anicet Georges Dologuélé a rejeté avec fermeté les chiffres annoncés par l’Autorité Nationale des Élections (ANE), qui attribuent la victoire dès le premier tour au président sortant avec 76,15 % des suffrages, contre 14,66 % pour lui. Une annonce faite, selon le leader de l’URCA, dans des conditions « opaques », à une heure inhabituelle et sans la présence des candidats de l’opposition, dont lui-même.
Dologuélé a dénoncé ce qu’il qualifie de « mensonge électoral » et de « fraude massive, organisée et méthodique », affirmant que plus de la moitié des résultats n’auraient pas été prise en compte, notamment ceux de certaines préfectures de la région de Yadé. Il a également fait état d’un climat de tension et d’insécurité, révélant que durant les 24 heures de silence qu’il s’était imposées après l’annonce des résultats, sa sécurité personnelle avait été gravement menacée, avec l’enlèvement de membres de sa garde, pourtant issus de l’armée régulière.
Accusant l’ANE d’avoir renoncé à son indépendance pour se mettre « ostensiblement au service d’un candidat », l’opposant a dressé un réquisitoire sévère contre l’ensemble du processus électoral, qu’il juge vicié de bout en bout : enrôlement, vote, dépouillement, acheminement, centralisation et proclamation des résultats. Il affirme que dans la quasi-totalité des bureaux de vote, ses représentants se sont vu refuser la remise des procès-verbaux, en violation flagrante du Code électoral, une situation qui, selon lui, entraîne la nullité du scrutin.
Se disant détenteur de preuves « datées, localisées et vérifiables » de bourrages d’urnes, de falsifications de procès-verbaux et de manipulations de résultats, Anicet Georges Dologuélé a annoncé la saisine du Conseil constitutionnel. Il exige soit l’annulation pure et simple de l’élection présidentielle, soit un recomptage général des voix afin de rétablir, selon ses termes, « la vérité des urnes ». Refusant toute résignation, l’opposant affirme vouloir mener ce combat « jusqu’au bout », au nom du respect de la souveraineté populaire et des principes démocratiques en République centrafricaine.



