Dans un geste inattendu mais porteur de symboles, plusieurs membres du groupe armé 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) se sont rendus ce vendredi 6 juin aux autorités locales de Bang, localité stratégique située à la frontière entre le Cameroun et le Tchad.
Les combattants, visiblement épuisés par des années de conflit, ont exprimé leur désir d’intégrer un processus de paix, conditionnant leur reddition à un désarmement suivi d’une possible intégration dans les rangs des Forces armées centrafricaines (FACA). Pour les autorités locales, cette démarche, bien que prudente, est accueillie avec une certaine bienveillance.
« C’est une démarche encourageante, mais elle demande des garanties et un suivi rigoureux. Le désarmement n’est que la première étape », a confié sous anonymat un officier de liaison basé à Bang.
Un contexte particulier
Cette reddition intervient à quelques jours de la Tabaski, fête musulmane majeure, dans une région où les considérations religieuses et les dynamiques communautaires influencent souvent les rapports entre groupes armés et civils. Pour certains observateurs, ce timing pourrait traduire une volonté sincère de retour à la paix. Pour d’autres, il ne s’agirait que d’une manœuvre stratégique visant à gagner du temps ou à obtenir des avantages politiques.
Le silence maintenu par les autorités de Bangui sur cet épisode alimente les spéculations. Aucun communiqué officiel n’a été publié à ce jour par le gouvernement ou par la cellule de suivi du programme de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR).
Entre méfiance et lueur d’espoir
Le groupe 3R, fondé en 2015, est l’un des mouvements armés les plus actifs dans l’ouest de la Centrafrique. Impliqué dans de nombreuses violations des droits humains, il avait signé l’Accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR) de 2019, avant de s’en éloigner progressivement. Le retour de certains de ses éléments sur le devant de la scène sécuritaire pourrait donc rebattre les cartes.
Pour les populations locales, épuisées par des années d’instabilité, cette reddition soulève plus de questions que de certitudes. La priorité, pour beaucoup, reste le rétablissement de l’autorité de l’État et la réhabilitation des infrastructures civiles, durement affectées par les affrontements.
Une initiative à surveiller
Alors que la République centrafricaine cherche encore les clés d’une paix durable, l’acte posé à Bang pourrait constituer un signal fort à condition qu’il soit accompagné d’un engagement sincère de toutes les parties concernées. La communauté internationale, souvent silencieuse face à ces signaux faibles, serait bien avisée de suivre de près cette évolution.




