Burkina Faso : recrudescence d’attaques meurtrières attribuées au JNIM dans le Nord et l’Est

Le Burkina Faso fait face à une nouvelle vague d’attaques armées dans ses régions du nord et de l’est, attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), une organisation jihadiste affiliée à Al-Qaïda. Depuis la mi-février, au moins une dizaine d’attaques majeures ont été signalées, causant des dizaines de morts parmi les soldats, les civils et des travailleurs forestiers.


Ces attaques, menées contre des positions militaires, des convois et des localités rurales, traduisent une intensification des violences dans des zones déjà fragilisées par l’insécurité. Les assauts, parfois coordonnés, montrent que les groupes armés conservent une forte capacité opérationnelle malgré les offensives menées par les forces de défense et de sécurité burkinabè.


Cette recrudescence de violences intervient alors que l’Organisation des Nations unies avait récemment évoqué un recul global de l’activité des groupes armés au Burkina Faso. Sur le terrain, cependant, la multiplication des attaques ces dernières semaines semble indiquer une réalité plus contrastée, notamment dans les zones frontalières et les régions périphériques où la présence de l’État reste limitée.


Selon des spécialistes des questions sécuritaires, les régions du nord et de l’est représentent des zones stratégiques pour le JNIM. Elles abritent de nombreux sites d’orpaillage et des mines d’or qui constituent d’importantes sources de financement pour les groupes armés. Par ailleurs, ces territoires sont traversés par des routes de contrebande permettant la circulation d’armes, de carburant et d’autres produits illicites, renforçant les capacités logistiques des combattants.


Ces zones constituent également des bases d’expansion vers les pays voisins. Situées à proximité de plusieurs frontières, elles offrent des corridors permettant aux groupes jihadistes d’étendre progressivement leurs activités vers d’autres États d’Afrique de l’Ouest. Les observateurs estiment que le renforcement des attaques dans ces régions pourrait s’inscrire dans une stratégie de consolidation territoriale et d’expansion régionale.


La situation demeure préoccupante pour les populations civiles, régulièrement exposées aux violences. Les attaques récentes ont visé non seulement des positions militaires, mais aussi des activités économiques, notamment forestières, illustrant l’élargissement des cibles des groupes armés.


Dans un contexte sécuritaire déjà fragile, cette nouvelle série d’attaques souligne les défis persistants auxquels le Burkina Faso reste confronté dans sa lutte contre les groupes jihadistes. Elle rappelle également la nécessité de renforcer la sécurité dans les zones stratégiques, tout en agissant sur les facteurs économiques et sociaux qui favorisent l’implantation durable des groupes armés.

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